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RDC-Affaire MCK : Moïse Katumbi reprend possession de NB Mining

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Mis à jour le 30 septembre 2020 à 14h01
Moïse Katumbi, le 12 mars 2018, à Johannesburg.

Moïse Katumbi, le 12 mars 2018, à Johannesburg. © Themba Hadebe/AP/SIPA

L’ex-gouverneur du Katanga a gagné son bras de fer contre Pascal Beveraggi, directeur de NB Mining. Les agents de Moïse Katumbi ont repris possession des locaux de l’entreprise à Lubumbashi, au terme d’un long combat judiciaire.

«  Nous nous retrouvons au cœur de l’entreprise, dont les travailleurs de Moïse Katumbi prennent possession ». Dans une courte vidéo publiée sur les réseaux sociaux ce vendredi 25 septembre dans la matinée, Nonon Dilungidi Nlandu, un collaborateur de l’ancien gouverneur du Katanga, plastronne. Se filmant en train de passer les portes des locaux de NB Mining Africa, à Lubumbashi, il montre les hommes de Katumbi prenant possession des lieux, ouvrant les bureaux.

« Nous avons récupéré la société, nous allons recommencer à zéro », lance pour sa part, dans une autre vidéo, Paul Kaponda, ancien comptable de Mining Company of Katanga (MCK), l’entreprise de Moïse Katumbi dont les activités minières avaient été repris par Necotrans Holding, avant la faillite de cette dernière en 2017.

La fin du bras de fer ?

Les avocats de Katumbi ont obtenu que la NB Mining Africa et tous ses actifs, locaux compris, soient récupérés par la société Astalia Investment Ltd, gérée par l’épouse de l’ancien gouverneur du Katanga. Pour ce faire, ils se sont appuyés sur une décision de la Cour de cassation de Paris de février 2020, un jugement du tribunal de Lubumbashi de janvier 2020 et, enfin, sur une décision rendue début septembre par le tribunal de commerce de Kolwezi.

Et si les fidèles de Katumbi mettent ainsi en scène leur satisfaction lors de cette « reprise de possession » des locaux de NB Mining Africa, c’est que l’évènement marque la fin d’un bras de fer qui se joue depuis plusieurs années entre Moïse Katumbi et Pascal Beveraggi, dans une affaire aux multiples rebondissements judiciaires et politiques. Paul Kaponda a d’ailleurs glissé un mot de remerciement à l’adresse du président Félix Tshisekedi qui a, selon lui, « vraiment apporté beaucoup dans la justice ».

« Aujourd’hui, en République démocratique du Congo, on peut déguerpir une société de plus de 2 000 salariés sur la base d’un jugement prononcé par défaut, alors que la partie défenderesse – qui n’a pas été notifiée – a fait opposition et qu’un appel de ce jugement a été fait, vitupère au contraire Papy Tamba, l’un des collaborateurs de Pascal Beverragi, joint par Jeune Afrique. La loi vient d’être méprisée au profit des intérêts mesquins des tout-puissants. »

Une affaire qui remonte à 2015

Pour comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire complexe, il faut remonter à 2015. Moïse Katumbi, qui vient de passer dans l’opposition, envisage de se lancer dans la course à la présidentielle face à Joseph Kabila. Il entreprend alors de se dégager d’une partie de ses multiples activités dans le secteur privé.

Dans ce cadre, il vend à Necotrans Mining, une société de droit mauricien alors propriété du français Necotrans Holding, ses parts dans la Mining Company of Katanga (MCK), dont son épouse possède 85 % des actions. Le contrat prévoyait initialement que Necotrans Mining paierait – sur trois ans – la somme totale de 140 millions de dollars (118 millions d’euros). Une des clauses de la transaction stipulait que l’acheteur, Necotrans Mining, avait interdiction de céder la société tant que l’intégralité du paiement n’avait pas été versée.

Mais en 2017, Necotrans Holding est placé en faillite, et la société n’a versé que 20 millions de dollars sur les 140 promis. L’intégralité des actifs de Necotrans Holding – y compris, donc, les activités de MCK – sont cependant vendus dans le cadre de la liquidation. Et, tandis que c’est le groupe Bolloré qui reprend les activités portuaires, c’est la société Octavia, gérée par Pascal Beveraggi, qui rachète les activités de sous-traitance minière, qui perdurent alors sous le nom de NB Mining.

C’est cette cession qui a été annulée par la Cour d’appel de Paris, le 15 mai 2018, au motif que le liquidateur n’avait pas le mandat lui permettant de disposer des actifs de l’ex-MCK. Un jugement confirmé ensuite par la Cour de cassation de Paris.

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