Politique

[Chronique] Tebboune, le Hirak et Bernard de la Villardière

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Mis à jour le 22 septembre 2020 à 18h39

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

À la suite de la diffusion d'un documentaire sur le Hirak, la chaine française M6 est interdite en Algérie.

À la suite de la diffusion d'un documentaire sur le Hirak, la chaine française M6 est interdite en Algérie. © Glez

Les autorités ont décidé d’interdire toute activité de la chaîne privée française M6 sur le territoire algérien. Explications.

Pour les régimes qui ne peuvent jouir de pouvoirs absolument autocratiques, la coercition des médias indépendants vire souvent au cercle vicieux. La récente condamnation en appel du journaliste algérien Khaled Drareni a ravivé la lumière médiatique internationale sur le mouvement du Hirak que ni la démission d’Abdelaziz Bouteflika ni la crise sanitaire n’avaient tout à fait euthanasié.

Dimanche 20 septembre, la chaîne privée française M6 diffusait un reportage intitulé « L’Algérie, le pays de toutes les révoltes », dans le cadre de l’émission « Enquête Exclusive ». Dès le lendemain, le ministère algérien de la Communication décidait de « ne plus autoriser » l’organe à opérer en Algérie, sous quelque forme que ce soit.

Sur le fond, le communiqué dénonce « un regard biaisé sur le Hirak »

Les assauts des autorités contre la déontologie des journalistes incriminés sont d’ordres éditorial et technique. Sur le fond, le communiqué des autorités algériennes dénonce « un regard biaisé sur le Hirak », des « clichés réducteurs » et même un « agenda » politique visant à ternir l’image de l’Algérie.

Autorisation de tournage

Sur le plan de la procédure, le ministère ne semble pas priser la technique des « caméras discrètes », mais dénonce surtout une présumée « fausse autorisation de tournage » qui devrait entraîner des poursuites pour faux en écriture.

Si une demande d’accréditation avait bien été introduite, dès le mois de mars, en vue d’un tournage sur la valorisation de l’essor économique et touristique de la ville d’Oran et le multiculturalisme, celle-ci – déjà présumée trompeuse – n’avait reçu aucune réponse favorable.

La réaction de la YouTubeuse algérienne Noor apporte-t-elle de l’eau au moulin du gouvernement ? Protagoniste de l’enquête, elle s’est désolidarisée, lundi, d’un film dont elle met en doute le professionnalisme.

Certes, le format télévisuel du journaliste Bernard de La Villardière est régulièrement taxé de sensationnalisme. Mais la diffusion, en mai, d’« Algérie mon amour », un autre documentaire sur le même sujet par la chaîne publique France 5, avait déjà déclenché des tensions entre Alger et Paris.

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