Transport aérien

Aérien : le cabinet Ectar liquidé sur fonds d’une brouille entre associés

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 22 septembre 2020 à 18h46
Un avion de la compagnie ECAir, que conseillait le cabinet Ectar, en 2012 sur le tarmac de l’aéroport de Pointe-Noire, au Congo (illustration).

Un avion de la compagnie ECAir, que conseillait le cabinet Ectar, en 2012 sur le tarmac de l'aéroport de Pointe-Noire, au Congo (illustration). © Antonin Borgeaud pour Les éditions du Jaguar

Depuis 2019, l’entreprise fondée en France par d’anciens cadres d’Air Afrique, parmi lesquels l’emblématique Cheick Tidiane Camara, est empêtrée dans un conflit entre ses dirigeants. La cessation d’activité a été prononcée.

C’est une nouvelle qui n’est pas passée inaperçue dans le petit village du ciel africain. Dans un communiqué intitulé « Ce n’est qu’un au revoir », Délia Bergonzi, directrice générale du cabinet Ectar, a officialisé vendredi 18 septembre la liquidation judiciaire « avec cessation d’activité immédiate » de cette entreprise. Et pour cause. La liquidation, prononcée le 7 septembre par le Tribunal de commerce de Bobigny, en région parisienne, concerne un acteur bien connu dans le secteur.

Cofondé en 2002 par le Malien Cheick Tidiane Camara (président du conseil d’administration), ancien directeur Europe d’Air Afrique, avec d’anciens cadres dirigeants de la défunte compagnie panafricaine, le cabinet installé à Bagnolet, en banlieue parisienne, était devenu le représentant en France de nombreuses compagnies opérant sur le continent (Air Algérie, Aigle Azur, Air Burkina, Toumaï Air Tchad, Ecair, etc…). Il assurait des missions de conseil, mais disposait aussi d’un centre d’appels. Depuis de nombreuses années, la personnalité du charismatique et respecté consultant malien était devenue indissociable de tous les rendez-vous du secteur aérien africain.

Une brouille profonde

Si Délia Bergonzi, également passée par Air Afrique, a invoqué dans son message des raisons liées aux conséquences de la pandémie de Covid-19, qui a durement frappé le secteur aérien, cette liquidation est en réalité due à des facteurs bien plus profonds, comme l’a appris Jeune Afrique.

Depuis août 2019, les relations s’étaient en effet envenimées entre les deux associés à propos du contrôle de l’entreprise, et ce en dépit d’une trésorerie qui était alors conséquente. La défiance entre les deux têtes d’Ectar avait atteint un tel niveau que deux conseils d’administrations parallèles ont été convoqués. Disposant de 46 % du capital, Délia Bergonzi avait souhaité racheter les parts des autres actionnaires, sans parvenir cependant à s’entendre avec eux.

En novembre 2019, cette brouille avait donné lieu à la nomination à l’instigation de Bergonzi d’un administrateur provisoire, avant un placement en redressement judiciaire en mai 2020 et à une mise en cessation de paiement dans la foulée.

Liquidation contestée devant la Cour d’appel

Selon des sources proches du dossier, les autres actionnaires, parmi lesquels Cheick Tidiane Camara, contestent aujourd’hui devant la Cour d’appel de Paris la liquidation prononcée par le tribunal de Bobigny. Une audience devrait se tenir le 12 octobre prochain. Dans son message, Délia Bergonzi affirmait pour sa part qu’elle « resterait active dans le secteur du transport aérien dans une configuration différente de celle d’Ectar ».

Le cabinet, qui tire aujourd’hui sa révérence dans ces très pénibles conditions, avait été le symbole de la renaissance de pavillons nationaux sur le continent après la disparition d’Air Afrique.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA309_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte