Politique

Quel président pour la transition au Mali ? Le collège chargé de le désigner entre en conclave

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 21 septembre 2020 à 11h42
Un portrait d'Aissimi Goïta, brandit lors d'une manifestation pro-CNSP à Bamako, le 8 septembre 2020 à Bamako.

Un portrait d'Aissimi Goïta, brandit lors d'une manifestation pro-CNSP à Bamako, le 8 septembre 2020 à Bamako. © /AP/SIPA

Le groupe chargé de nommer le président qui dirigera le Mali au cours des prochains mois après le putsch du 18 août doit se réunir lundi.

Ce collège institué par la junte militaire désormais au pouvoir se réunira à un moment où celle-ci est sous la pression de la Communauté des États ouest-africains (Cedeao) pour désigner rapidement le président et le Premier ministre qui conduiront les affaires pendant la période de transition de plusieurs mois censée ramener les civils à la tête du pays.

Le collège devrait comprendre cinq représentants de la junte, deux du Mouvement du 5-Juin, deux religieux et deux membres de la société civile, selon une source au sein du processus pour sa mise en place.

Condition à la levée des sanctions

La Cedeao insiste pour que ce soient des civils, tandis que les nouveaux maîtres de Bamako voudraient que le président soit un militaire.

La Cedeao lèvera les sanctions qu’elle a imposé au Mali aussitôt que des dirigeants de transition civils auront été choisis, affirme l’organisation régionale. La semaine passée, elle n’avait laissé que quelques jours à la junte pour accéder à ses exigences.

Le médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, est attendu en début de semaine au Mali.

On ignore si le collège choisira un président de transition lundi, veille du 60e anniversaire de l’indépendance du Mali.

« Le collège doit siéger demain », a dit dimanche un des responsables du Mouvement du 5-Juin, Imam Oumarou Diarra, en marge des discussions organisées au cours du week-end entre la junte et ce collectif qui a mené pendant des mois le mouvement de protestation contre l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, jusqu’à ce qu’un groupe d’officiers ne le dépose le 18 août.

Alger s’implique

Par ailleurs, dimanche 20 septembre, le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s’est rendu à Bamako pour sa seconde visite en moins d’un mois. « Dépêché » par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, Boukadoum a mené une série d’entretiens.

Il a notamment rencontré des représentants du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) avec lesquels il a eu des échanges qui « ont été l’occasion d’aborder la situation au Mali à la lumière des dernières consultations tenues à la capitale malienne et des décisions du dernier sommet de la Cedeao », lit-on dans un communiqué du ministère relayé par l’agence officielle algérienne APS.

Sabri Boukadoum a insisté sur « l’intérêt particulier, maintes fois exprimé par le président de la République, que porte l’Algérie à la stabilité et à la sécurité du Mali » et a réitéré « la disponibilité de l’Algérie à poursuivre son accompagnement aux frères Maliens, comme elle l’a fait par le passé, dans leurs efforts à conduire une transition calme et apaisée ».

En dehors des médiateurs de la Cedeao, le chef de la diplomatie algérienne a été le premier membre d’un gouvernement étranger à se rendre à Bamako depuis le putsch du 18 août. Alger, en tant que chef de file de la médiation internationale au Mali, avait accueilli les négociations ayant abouti en 2015 à un accord de paix entre Bamako et les mouvement rebelles indépendantistes de l’Azawad dans le nord du pays.

L’Algérie, qui craint les risques d’instabilité sur son flanc sud et s’efforce de réactiver son rôle sur la scène diplomatique régionale, a réagi au coup d’État en appelant à des élections et au « respect de l’ordre constitutionnel ».

 

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