Technologie

La fintech Interswitch à nouveau prête à investir en Afrique

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Télécoms et smartphones à Dakar

Télécoms et smartphones à Dakar © Sylvain Cherkaoui pour JA

La consolidation de la concurrence et la crise sanitaire poussent la licorne nigériane à relancer son activité de capital-risque à destination des fintechs continentales.

Créé en 2015 par Mitchell Elegbe, également fondateur de l’infrastructure de paiement numérique Interswitch, le « ePayment Growth Fund » va être réactivé dans les prochaines semaines. L’annonce a été faite par le dirigeant nigérian lors d’un entretien accordé le 16 septembre au site spécialisé américain TechCrunch.

Sélectif

Doté initialement de 10 millions de dollars, le fonds avait été mis en pause après un investissement de 850 000 dollars en février 2015 dans Africa Courier Express (ACE), spécialisé dans la logistique et le suivi de colis, et à la suite, en 2016, du rachat de Value Added Network Solutions Limited (Vanso) pour 15 milliards de nairas (près 33 millions d’euros).

À la tête d’une entreprise valorisée à plus d’un milliard de dollars depuis l’entrée de Visa au capital d’Interswitch en 2019, l’ingénieur électrique diplômé de l’université du Bénin n’a pas précisé le montant qu’il souhaite lever pour ce nouveau fonds.

« Nous serons très sélectifs. Les entreprises dans lesquelles nous investirons devront être des structures auxquelles Interswitch peut apporter une valeur ajoutée », a-t-il néanmoins détaillé, insistant sur les effets de réseau que pourraient constituer un rapprochement entre les outils et la base clients d’Interswitch et des solutions innovantes dans le secteur des fintechs.

Consolidation du marché

L’annonce intervient alors que le marché des fintechs africaines amorce sa consolidation. En juillet, le kényan DPO Group a par exemple annoncé être racheté par le géant dubaïote des services de paiements Network International dans le cadre d’un accord estimé à 288 millions de dollars. Les fonds apportés permettront à l’entreprise fondée en 2006 d’effectuer des acquisitions sur le continent.

En juillet, le sud-africain MFS Africa a, à son tour, annoncé le rachat de la start-up ougandaise de gestion des paiement électroniques, Beyonic. Active en Ouganda, au Ghana, au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda, cette dernière apporte à la plateforme sud-africaine présente dans 38 pays en Afrique sa connaissance des besoins des petites et moyennes entreprises.

De son côté, bousculé dans ses projets d’introduction en bourse prévus initialement pour le début de l’année 2020, Mitchell Elegbe fourbit, lui aussi, ses armes. Malgré la pandémie, Interswitch a récemment noué un important partenariat avec American Express lui permettant d’intégrer son réseau nigérian de commerçants au réseau mondial du mastodonte américain.

La même opération a été effectuée avec le chinois UnionPay en septembre pour ses activités en Afrique de l’Est. Par ailleurs, le groupe fondé en 2002 et présent au Nigeria, en Ouganda, au Kenya et en Gambie accélère également sur le segment des cartes de paiement avec son propre produit baptisé Verve.

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