Politique

Burkina : Yacouba Isaac Zida candidat par contumace ?

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Mis à jour le 17 septembre 2020 à 16h16

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez

© Damien Glez

Rentrera ? Rentrera pas ? Le 25 septembre, l’ancien Premier ministre de la transition post-Compaoré devrait être investi candidat du Mouvement patriotique pour le salut (MPS) en vue de la prochaine élection présidentielle…

Moïse Katumbi, Hama Amadou ou plus récemment Guillaume Soro : l’histoire de la démocratie africaine contemporaine regorge de candidats proclamés à la magistrature suprême en situation d’expatriation plus ou moins volontaire, avec des perspectives de retour au pays de l’ordre du virtuel, tout du moins avant les scrutins concernés.

Canadien d’adoption depuis 4 ans, l’éphémère chef de l’État burkinabè et Premier ministre de la transition post-insurrection Yacouba Isaac Zida devrait être investi, ce 25 septembre à la Maison du Peuple de Ouagadougou, candidat à l’élection présidentielle de novembre prochain, pour le compte du Mouvement patriotique pour le salut (MPS) fondé par son ancien ministre de la Justice, le professeur Augustin Loada.

Télécandidature pour une téléprésidence ?

Certes, la mode est au télétravail. Une télécandidature à une téléprésidence ne pourrait-elle pas éviter l’éventuelle propagation d’un virus ou les gaz à effet de serre d’un vol long courrier ? C’est déjà de manière inattendue que Zida fut propulsé chef de l’État, le 1er novembre 2014, dans un micmac d’autoproclamés plus ou moins légitimes, en conclusion d’une insurrection sans issue planifiée.

C’est aussi devant un Faso étonné que le lieutenant-colonel fut bombardé général de division à titre exceptionnel, à la toute fin du mandat du président de transition Michel Kafando. Pourquoi l’inopiné ne croirait-il donc pas à une nouvelle pirouette du destin ?

C’est que le général ne l’est plus guère, son installation au Canada ayant conduit le président élu Roch Marc Christian Kaboré à le radier, en janvier 2017, de l’effectif des Forces armées nationales pour « désertion » et « insubordination ». Pourquoi déserter en temps de paix et comment accéder à la magistrature suprême, sans passer par la case « bilan » d’un Burkina qui a conséquemment effectué sa catharsis, sans pour autant solder toutes ses procédures judiciaires ?

Le résident d’Ottawa voit-il poindre le spectre d’un bilan gouvernemental qui pourrait suggérer l’emploi du mot « corruption » ? Ou celui d’un audit du Régiment de sécurité présidentiel qui tenta de réprimer la grogne populaire de l’insurrection de 2014, RSP dont il était le numéro 2 ?

L’Arlésienne Zida

« Il jouit de la légalité et de la légitimité », scandait, en juin dernier, Roger Sawadogo, membre de ce MPS dont Zida est président d’honneur. Soit. Mais que faudrait-il alors conclure, si l’Arlésienne Zida venait à être absente du congrès d’investiture ? Certes, il y a deux mois, Roch Marc Christian Kaboré n’assistait pas à sa propre intronisation comme candidat. Mais Yacouba Zida a-t-il l’agenda d’un chef d’État en pleine crise sécuritaire ?

Qu’il croit ou non en ses chances d’être successivement candidat et élu, Zida a déjà trahi son désir de popularité en publiant, en octobre 2018, le livre Je sais qui je suis. Un titre qui résonnait, en creux, comme « Je ne suis pas ce que l’on dit de moi » et qui sous-entendait une quête de réhabilitation. Qui vivra jusqu’au 25 septembre verra.

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