Politique économique

Malgré la crise, le FMI réaffirme son soutien aux autorités angolaises

Réservé aux abonnés | | Par
Le centre de Luanda

Le centre de Luanda © Edward Middleton - CC

Même si le coronavirus complique les réformes, l’institution a augmenté de près de 800 millions de dollars le montant de l’enveloppe destinée à Luanda.

Un milliard de dollars. C’est la somme que le FMI a décidé de débloquer en faveur de l’Angola, le 16 septembre, à l’occasion du troisième examen de l’accord conclu le 7 décembre 2018, pour un montant total et initial de 3,7 milliards de dollars sur trois ans.

Cette somme sera finalement revue à la hausse, avec 765 millions de dollars supplémentaires, du fait de la crise liée au coronavirus et à la chute des cours du pétrole, et ce même si tous les critères de performance et objectifs indicatifs n’ont pas été atteints par Luanda.

« En réaction aux crises économiques et sanitaires, aggravées par la baisse des prix du pétrole, les autorités ont adopté des mesures décisives pour faire face à l’impact du choc et elles restent fermement engagées dans leur programme, dont la mise en œuvre est globalement satisfaisante, notamment dans la lutte contre la corruption », salue l’institution de Bretton Woods.

Des « efforts tangibles » en matière de gouvernance…

L’accord signé en 2018 visait notamment à « rétablir la viabilité extérieure et budgétaire, à améliorer la gouvernance et à diversifier l’économie afin de promouvoir une croissance économique durable, tirée par le secteur privé », rappelle le FMI.

« Les autorités ont adopté une révision budgétaire pour 2020, prenant des mesures pour augmenter les recettes non pétrolières et limiter les dépenses non essentielles. Malgré la crise, l’assainissement budgétaire se poursuivra, tout en créant un espace pour des dépenses adéquates dans les domaines de la santé et des filets de sécurité sociale. Les autorités persévéreront également dans la mise en œuvre de mesures visant à renforcer la gestion des finances publiques », note ainsi Antoinette Sayeh, directrice générale adjointe du l’institution.

… anéantis par la chute de l’or noir

Ce soutien tombe à point nommé pour le deuxième producteur africain de pétrole derrière le Nigeria, qui a vu sa note souveraine dégradée il y a à peine une semaine par Moody’s, passant de B3 (haut risque) à Caa1 (très haut risque), tout comme celle du Mali, fragilisé par le coup d’État.

L’agence de notation américaine, qui relève pourtant elle aussi des « efforts de réforme tangibles et continus » de la part du gouvernement, estime en effet que ces efforts ont été anéantis par la forte baisse des prix du pétrole et la dépréciation de la monnaie qui en découle.

Deux facteurs qui aggravent encore la vulnérabilité du pays au surendettement, alors que la dette du PIB a augmenté de plus de 20 points de PIB entre 2011 et 2020, et que le seul paiement des intérêts devait représenter en 2020 plus de 20 % des revenus du pays.

Vigilance constante sur la dette

Certes, Luanda, qui a vu son dossier validé le 31 août, bénéficie de l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD), qui devrait lui faire économiser plus de 2,6 milliards de dollars, soit environ 3 points de son PIB 2019, assure l’agence allemande Scope Ratings. Selon elle, l’Angola est le pays pour lequel l’impact de ce moratoire est le plus élevé.

Mais le pays a d’autres créanciers : la Chine, le principal acheteur de son pétrole, et qui lui a consenti entre 2000 et 2017 plusieurs prêts pour un montant que l’ONG Natural Resource Governance Institute (NRGI) évalue à 50 milliards de dollars – dont la moitié adossés à l’or noir ; les banques commerciales, qui ont largement financé la compagnie publique Sonangol, ou encore le FMI lui-même, à qui il faudra rembourser les aides décaissées.

« Les autorités ont obtenu des accords de reprofilage de la dette de plusieurs grands créanciers afin de réduire les risques liés à la viabilité de la dette. Une vigilance constante dans la gestion de la dette publique est essentielle pour atténuer ces risques dans le contexte d’une volatilité accrue des prix du pétrole », indique l’institution de Bretton Woods, alors que le pays s’est engagé, dans le cadre de l’accord Opep+, à réduire sa production pétrolière.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte