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Avec Lionel Zinsou, Djibouti met son Fonds souverain sur les rails

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Vue de Djibouti et de la Salaam Tower, siège local de la Salaam African Bank.

Vue de Djibouti et de la Salaam Tower, siège local de la Salaam African Bank. © Vincent Fournier/JA

Destiné à recueillir et à placer les profits de tous les établissements publics qui en généreront, le fonds doit être doté de 1,5 milliard de dollars d’ici dix ans.

« On va pouvoir commencer à mobiliser les ressources du fonds » assure à Jeune Afrique Mohamed Sikieh Kayad, président du Fonds souverain de Djibouti (FSD). Djibouti voulait profiter de la rentrée politique pour marquer le coup.

C’est le 14 septembre que la petite république de la Mer Rouge a lancé officiellement son Fonds souverain, dont la création avait été entérinée par un décret le 29 mars, et qui doit être doté de 1,5 milliard de dollars d’ici dix ans.

Aux côtés du président Ismail Omar Guelleh, on pouvait noter la présence du banquier franco-béninois Lionel Zinsou et, par visioconférence, celle de l’ancien président de la BAD Donald Kaberuka, associés au sein de la banque d’affaires Southbridge, qui a accompagné la mise en oeuvre du Fonds.

Le Sénégalais Mamadou Mbaye aux commandes

C’est ainsi Southbridge qui a participé au recrutement du directeur général du Fonds, le Sénégalais Mamadou Mbaye, ancien président du Fonsis (le fonds souverain sénégalais) et d’administrateurs comme Leïla Bouamatou, directrice générale de la Générale de Banque de Mauritanie (GBM), du Franco-Béninois Hermin Anicet Hologan, le Français Sylvain Erit Makaya, directeur associé du capital-risqueur Idinvest Partners ou encore le Béninois Amadou Raimi, ancien patron de Deloitte France.


>>> À lire sur Jeune Afrique Business+ : Mamadou MBaye quitte le Fonsis et prend les rênes du fonds souverain de Djibouti


Lesquels tutoieront des personnalités djiboutiennes comme Aboubaker Omar Hadi, président de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti (DPFZA), les ministres de l’Économie et du Budget, Ilyas Moussa Dawaleh et Abdoulkarim Aden Cher, et le gouverneur de la Banque centrale, Ahmed Osman Ali.

Suivre les exemples de Dubaï, Singapour et de la Malaisie

Le Fonds entend placer les dividendes réalisés par les entreprises publiques et attirer l’épargne du pays qui est actuellement totalement placée à l’extérieur.

« Actuellement, plusieurs entités publiques disposent de beaucoup de fonds qui malheureusement ne sont pas placés, comme ceux de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Désormais, tous les établissements publics qui généreront des profits – à l’instar de Great Horn Investment Holding (GHIH), qui perçoit les dividendes en provenance des zones franches – les placeront dans le FSD, c’est-à-dire dans l’économie, et dans les projets qui dégagent des revenus », explique l’économiste djiboutien Zakaria Egueh.

Il compte s’inspirer des modèles des fonds de Dubaï, de Singapour ou encore de Malaisie. Comme nous le confiait Mohamed Sikieh Kayad en juin, des contacts devaient être pris avec les dirigeants de ces derniers, comme le Camerounais Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, qui a dirigé le fonds souverain de Kuala Lumpur pendant quatre ans.

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