Politique

RDC : au Parlement, les pro-Kabila lancent une offensive contre les « ingérences étrangères »

| Par Jeune Afrique
Jeanine Mabunda, présidente de l'Assemblée nationale de la RDC, lors de la rentrée parlementaire, le 15 septembre 2020.

Jeanine Mabunda, présidente de l'Assemblée nationale de la RDC, lors de la rentrée parlementaire, le 15 septembre 2020. © DR / Assemblée nationale RDC

La rentrée parlementaire en RDC, à laquelle était présent l’ancien président Joseph Kabila ceint de son écharpe de sénateur, aura été marquée par une offensive d’Alexis Thambwe Mwamba, président du Sénat, et de Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée nationale, contre des « ingérences » de diplomates en poste à Kinshasa.

Les présidents de deux chambres du Parlement ont dénoncé mardi « l’ingérence » et « l’activisme » de diplomates accrédités en République démocratique du Congo, à l’occasion d’une rentrée parlementaire marquée par le retour de leur chef de file, l’ancien président Joseph Kabila.

Offensive croisée

« Le pays fait face à des ingérences étrangères récurrentes dans les affaires intérieures de l’État », a déclaré le président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, dans son discours de rentrée parlementaire en présence de Joseph Kabila.

« Nous remarquons que certaines représentations diplomatiques s’érigent en conseillers d’institutions publiques et d’acteurs politiques en fonction. Leurs déclarations et leur activisme contribuent à l’évidence à la méfiance entre Congolais », a-t-il ajouté.

« Nous demandons au gouvernement de rappeler aux diplomates en République démocratique du Congo, quels qu’ils soient, les exigences de leurs charges et leur devoir de réserve (…) qui interdit toute ingérence dans les affaires intérieures », a déclaré ensuite la présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda devant les députés.

Les présidents des deux chambres sont du Front commun pour le Congo (FCC) de l’ex-président Joseph Kabila, majoritaire à l’Assemblée nationale et au Sénat. Le FCC gouverne en coalition avec le président Tshisekedi. Les tensions entre les deux partenaires n’ont pas cessé pendant les « vacances parlementaires » de juillet-août.

Joseph Kabila, « sénateur à vie »

C’est dans ce contexte que Joseph Kabila a siégé mardi au Sénat pour la première fois depuis qu’il a transmis le pouvoir à Félix Tshisekedi en janvier 2019. En tant qu’ancien président élu, la Constitution lui garantit le titre de « sénateur à vie ». Les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, avaient fait pression sur lui et son entourage dans les dernières années de son régime pour qu’il quitte le pouvoir.

Si les présidents des deux chambres n’ont pas explicitement détaillé les « ingérences » qu’ils dénoncent, ces dernières semaines, les représentants en RDC du Rwanda et des États-Unis ont été au centre de polémiques sur la scène politique congolaise.

Fin août, des activistes congolais ont demandé « l’expulsion immédiate » de l’ambassadeur du Rwanda en RDC, après un tweet controversé sur un massacre dans l’Est de la RDC en 1998.

De son côté, Mike Hammer, l’ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, encourage publiquement le président Félix Tshisekedi à lutter contre la corruption et l’impunité des crimes commis en marge des conflits, notamment sous le régime de Joseph Kabila (janvier 2001-janvier 2019).

En juillet, l’ambassadeur Mike Hammer et le secrétaire d’État adjoint pour les Affaires africaines, Tibor Nagy, avaient salué la mise à l’écart d’un général congolais sous sanctions occidentales, John Numbi, sur décision du président Tshisekedi.

 

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