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Cet article est issu du dossier «Régionales au Cameroun : les enjeux du scrutin»

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Politique

Élections régionales au Cameroun : quels grands patrons se préparent à la bataille du Littoral ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 16 septembre 2020 à 11h17
Un électeur camerounais plonge son doigt dans l’encrier après avoir voté, lors du scrutin présidentiel d’octobre 2018.

Un électeur camerounais plonge son doigt dans l'encrier après avoir voté, lors du scrutin présidentiel d'octobre 2018. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Au sein du RDPC, au pouvoir, une âpre bataille se profile entre les prétendants au poste de président du conseil régional du Littoral, la première région économique du pays.

En vue des premières élections régionales, prévues le 6 décembre et boycottées par les principaux partis d’opposition, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) a finalement tranché pour la constitution de listes consensuelles, après avoir hésité à organiser des primaires ou à procéder à des investitures.

Le nouveau maire central de Douala étant un autochtone Sawa, le président de la région du Littoral devrait être, selon la géopolitique locale et par souci d’équilibre, un Bassa du département de la Sanaga-Maritime. Et donc, issu de l’autre grand groupe sociologique de la région, composé par ailleurs des Mbo (Moungo) et de groupes minoritaires peuplant le Nkam.

Poids lourds du secteur privé

Il n’en fallait pas plus pour aiguiser les appétits des prétendants au poste qui sont, pour la plupart, des poids lourds du secteur privé.

Selon nos informations, le premier à avoir dévoilé ses intentions est Perrial Jean Nyodog, le fondateur de la société de distribution de produits pétroliers Tradex. Il a d’ores et déjà obtenu le désistement d’Alphonse Bibehe, le fondateur de la brasserie Siac-Isenbeck, et le soutien de René Mbayen, le PDG de Gulfin (distribution de produits pétroliers).

Mais il va devoir affronter Louis Yinda. L’ancien patron de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) se prévaut de son statut de « doyen » des dirigeants d’entreprises locaux pour obtenir le désistement de son cadet. Et ce, en dépit d’un état de santé précaire.

Ancien ministre et sénateurs

Proche de Yinda, la sénatrice Geneviève Tjoues laisse entendre qu’elle pourrait elle aussi déposer un dossier de candidature.

Pendant ce temps, les trois autres départements de la région n’excluent pas de contester la règle géopolitique, non écrite. Son poste de délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala ayant été supprimé à l’issue des élections municipales de février – ses fonctions reviennent désormais au maire central de Douala – , le Sawa Fritz Ntoné Ntoné veut rebondir à la tête de la région. Il a fait imprimer un beau livre vantant son bilan à la tête de la commune.

De son côté, le sénateur Thomas Tobbo Eyoum évalue avec ses proches ses chances de l’emporter s’il cédait à la tentation de briguer le poste. Enfin, Siegfried David Etamé Massoma, également sénateur et ancien ministre du Contrôle de l’État, issu du département du Moungo, s’active également en coulisses.

Reste à savoir pour qui votera le « patron » politique de la région, le ministre de la Justice Laurent Esso. Selon ses proches, ce dernier ne souhaiterait pas voir élu un Sawa comme lui, susceptible de contester son leadership à Douala, mais aussi dans la région.

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