Mines

Après le remaniement chez Rio Tinto, le dossier guinéen du Simandou dans l’expectative

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Mis à jour le 14 septembre 2020 à 09h00
Vue du gisement du Simandou en Guinée.

Vue du gisement du Simandou en Guinée. © Rio Tinto

Le débarquement du directeur général et du patron de la division fer du géant australien pourrait changer la donne en Guinée.

Le président du géant minier anglo-australien a annoncé ce 11 septembre le départ prochain de son CEO Jean Sébastien Jacques. Ce dernier, aux manettes depuis 2016, n’aura finalement pas tenu face à la pression, après quatre mois dans la tourmente, vilipendé par les associations de défenses des droits humains, les députés australiens, puis certains de ses actionnaires et autres professionnels du secteur.

En cause, la destruction le 24 mai 2020 des grottes de Juukan Gorge, aménagées et utilisées par les peuples aborigènes depuis 46 000 ans dans le Pilbara, dans l’ouest de l’Australie, décidée pour étendre sa mine de fer de Brockman 4, en dépit de rapports attestant de leur importance pour les communautés locales.

Cet ingénieur français, centralien, avait piloté précédemment le mégaprojet de cuivre d’Oyu Tolgoi, en Mongolie, et poussé vers la sortie les promoteurs au sein de son groupe de l’exploitation de fer du Simandou, en Guinée, auquel il ne croyait pas. Il quittera son groupe le 31 mars 2021, le temps qu’un successeur lui soit trouvé. La destruction de Juukan Gorge entraîne aussi la chute de l’Australien Chris Salisbury, patron de la division fer, ainsi que Simone Niver, la directrice des relations publiques, qui partiront de Rio Tinto d’ici la fin de l’année 2020.

Vigilance accrue des actionnaires

Cette chute d’un grand patron minier liée aux relations avec les communautés locales jouxtant un site minier est une première dans le secteur extractif, signe d’une vigilance accrue des actionnaires sur ce sujet, y compris en Afrique. Ce sont d’ailleurs les actionnaires institutionnels – en particulier The Future Funds, fonds public australien – qui ont milité pour des sanctions individuelles allant plus loin que la suppression de leurs bonus, déjà consentie début août dernier.

Cette réorganisation affectera nécessairement les sites africains du groupe. Dans la division fer, qui va donc changer de patron, le nouveau patron devra statuer sur le sort de ses actifs au Simandou, qu’il n’avait pas réussi à revendre à son partenaire chinois Chinalco.

Rio Tinto est également implanté sur le continent via sa branche sables minéralisés, active en Afrique du Sud (à Richards Bay) et à Madagascar (à Fort Dauphin), et pilotée par le Mongol Bold Baatar, familier de Mining Indaba, la grande conférence minière qui rassemble les professionnels du secteur du continent au Cap. Le nouveau patron de Rio Tinto devra notamment trouver une voie d’apaisement sur le site de Richards Bay, qui a connu depuis la fin 2019 plusieurs épisodes de violences intercommunautaires, qui ont entraîné des arrêts de production.

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