Energie

Via DFC, les États-Unis engagent 1,7 milliard de dollars au Mozambique

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Mis à jour le 11 septembre 2020 à 17h23
Donald Trump et Adam Boehler, directeur général de l’International Development Finance Corporation (DFC)

Donald Trump et Adam Boehler, directeur général de l'International Development Finance Corporation (DFC) © Stefani Reynolds - CNP/Newscom/SIPA

L’agence de développement américaine, bras armé de Trump pour contrer l’influence de la Chine sur le continent, a consacré près de la moitié de ses nouveaux investissements aux projets gaziers mozambicains.

Lancée en janvier par l’administration américaine, l’US International Development Finance Corporation (DFC) confirme sa montée en puissance, en particulier en Afrique de l’Est. Sur le dernier trimestre, elle a approuvé un total de 3,6 milliards de dollars d’investissements dans le monde, dont presque la moitié pour le seul Mozambique, a-t-elle indiqué le 9 septembre.

« Nous travaillons également à la constitution d’une équipe africaine qui montera des projets dans les secteurs clés des infrastructures et des technologies », a souligné le patron de DFC, Adam S. Boehler, un spécialiste de l’investissement dans la santé.

Depuis son lancement fin 2019, l’agence américaine, dont le plafond d’engagements est de 60 milliards de dollars, a injecté 25 millions de dollars dans un fonds de SPE Capital, présent à Tunis et à Casablanca, et 30 millions dans le nouveau véhicule panafricain d’AfricInvest.

Une assurance contre les risques politiques

Au Mozambique, l’agence, qui consolide les activités auparavant menées par l’USAid et Overseas Private Investment Corporation (Opic), s’engage sur une assurance contre les risques politiques d’1,5 milliard de dollars pour le projet gazier Rovuma LNG, développé au nord du Mozambique par la major américaine Exxon Mobile et le pétrolier italien ENI.

Ce mégaprojet, ainsi que celui voisin de Mozambique LNG, lancé par l’américain Anadarko et repris depuis septembre 2019 par le français Total, doivent faire de l’ancienne colonie portugaise un exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL).

L’assurance « contribuera au développement, à la construction et à l’exploitation d’une usine de liquéfaction onshore ainsi que d’infrastructures auxiliaires », a précisé DFC, soulignant que Rovuma LNG doit à terme « augmenter le produit intérieur brut (PIB) du Mozambique d’en moyenne 15 milliards de dollars par an » et générer des « retombées dans des secteurs autres que le pétrole et le gaz ».

Appui à la production d’électricité

Le reste de l’enveloppe – 200 millions de dollars – sera octroyé sous forme de prêt pour la construction d’une centrale à gaz de 420 MW à Temane, à 700 kilomètres au nord de Maputo, et d’une ligne d’interconnexion de 25 kilomètres.

Le projet, mené par l’opérateur public Electricidade de Moçambique (EDM) en partenariat avec un consortium privé conduit par Globeleq et comptant eleQtra et Sasol, a reçu en août 2019 le soutien de la Banque mondiale à hauteur de 420 millions de dollars. Alimentée par le gaz de champs opérés par Sasol et la compagnie nationale d’hydrocarbures (Empresa Nacional de Hidrocarbonetos de Moçambique, ENH), la centrale doit approvisionner en électricité le pays, dont sa capitale Maputo, mais aussi l’Afrique du Sud voisine.

Cette contribution de DFC s’ajoute au soutien déjà apporté au projet par l’administration américaine via l’USaid et son initiative « Power Africa », lancée en 2014, à travers un appui technique pour la construction de 560 km de ligne de transmission.

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