Electricité

Filatex rêve d’un avenir solaire au sud du Sahara

| Par
Mis à jour le 16 septembre 2020 à 16h28
Installation de panneaux solaires, au bord du lac Kivu, en RDC.

Installation de panneaux solaires, au bord du lac Kivu, en RDC. © BBOXX

La société malgache cible une expansion dans les zones rurales, dans son île d’origine mais aussi à travers le continent.

Filatex est en pourparlers avec BBOXX au sujet d’un partenariat visant à étendre les services de la plateforme d’énergie propre à Madagascar, a confié à Jeune Afrique George Condé, directeur général du groupe. Les discussions, qui en sont à leurs débuts, visent à s’assurer que le modèle commercial de BBOXX puisse être adapté pour la fourniture d’électricité solaire dans les zones rurales de Madagascar, selon George Condé.

Filatex est un groupe familial diversifié, installé à Madagascar et présent notamment dans l’immobilier et le développement de zones franches ainsi que dans l’électricité. Il revendique 1 million de clients pour ses installations solaires dans le pays. Filatex gère une trentaine de centrales thermiques (173,3 MW au total) et solaires  (35,4 MW) dans le pays.

L’entreprise britannique BBOXX, spécialisée dans la fourniture de services solaires hors-réseaux (off-grid), est quant à elle présente dans des pays comme la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Kenya.

Elle met surtout à profit son offre de systèmes solaires comme porte d’entrée pour la fourniture de services supplémentaires (par exemples des contenus télévisuels).

Un ensoleillement providentiel pour les mini-réseaux

Comptant parmi ses partenaires le groupe français Canal+, elle a obtenu le soutien d’investisseurs comme African Infrastructure Investment Managers (AIIM). Ce dernier, qui détient une participation d’environ 30 % de BBOXX, a d’ailleurs confié à Jeune Afrique son intention d’investir davantage de fonds dans l’entreprise britannique pour financer sa croissance.

Madagascar offre la perspective d’une croissance rapide de la consommation d’électricité, car environ 85 % de la population n’a pas accès à l’électricité. S’il ne dispose pas d’un véritable réseau électrique national, le pays bénéficie d’environ 2 800 heures d’ensoleillement par an, créant de fait une aubaine pour les mini-réseaux solaires. « Quand vous sortez des villes, il n’y a rien », explique George Conde. « Les mini-réseaux sont une réponse, tout comme les kits individualisés de BBOXX ».

Le patron de Filatex reconnaît cependant que dans plusieurs pays d’opération de BBOXX, les revenus par tête sont plus élevés qu’à Madagascar. La société devra en conséquence « trouver un moyen d’adapter son modèle commercial » pour développer une offre « qui fonctionne pour Madagascar ».

Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée…

Si Filatex a pu sécuriser ses équipements solaires avant la crise causée par la crise du Covid-19, la pandémie a révélé une dépendance aux chaînes d’approvisionnement chinoises en matière d’énergie solaire, note George Conde. Le patron de Filatex espère pourtant que la mise en œuvre de l’accord de libre-échange continental africain contribuera à réduire cette dépendance : « Si vous pouvez compter sur la fabrication locale, c’est toujours mieux ».

Selon lui, si les plans d’expansion de Filatex ont été perturbés par la pandémie, le choc reste limité. En décembre 2019, l’entreprise avait annoncé rechercher 150 millions de dollars de financement pour entrer au Ghana, en Guinée et en Côte d’Ivoire en 2020.

Le projet en Côte d’Ivoire est le plus avancé, selon George Condé, avec un l’accord et l’appui d’institution bancaires – dont l’identité n’a pas été dévoilée. Les restrictions de voyage sont maintenant la seule contrainte au démarrage des opérations dans le pays.

L’entrée au Ghana a elle été retardée car la réalisation d’études techniques de faisabilité sur place – nécessaires afin d’obtenir un financement – n’a pas été possible. Les projets d’entrée en Guinée sont également en suspens, selon Filatex.

L’entreprise vise à installer d’ici 2022 une capacité solaire de 170 MW à Madagascar. Elle prévoit d’installer environ 25 MW de mini-centrales solaires hors réseau et prévoit d’utiliser les toits de ses entrepôts à Antananarivo pour produire 10 MW d’énergie solaire.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3094_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte