Pétrole & Gaz

Trafigura prend pied au Somaliland pour assurer ses positions en Éthiopie

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Port de Berbera, au Somaliland, le 1er avril 2018.

Port de Berbera, au Somaliland, le 1er avril 2018. © Malak Harb/AP/SIPA

Sur fond d’explosion de la demande régionale en hydrocarbures, le négociant suisse a signé un contrat avec le Somaliland pour l’approvisionner et investir dans ses infrastructures portuaires.

La course pour l’approvisionnement de l’Éthiopie en hydrocarbures se poursuit. Alors que les autorités djiboutiennes ont le 3 septembre posé en grande pompe  la première pierre de la jetée du futur terminal pétrolier du complexe pétrochimique de Damerjog, de l’autre côté de la frontière, Trafigura annonçait le 7 septembre son installation dans le port de Berbera, dans l’État non reconnu du Somaliland. Le négociant, installé en Suisse, livrait il y a une semaine sa première cargaison de fioul à basse teneur en soufre.

Mais, outre l’approvisionnement du Somaliland en produits pétroliers, le contrat signé aveccomprend également un investissement (au montant non communiqué) dans la modernisation des infrastructures visant à accroître les capacités de stockage et à augmenter le tirant d’eau du port de Berbera Oil Terminal. Ce afin de permettre la réception de plus gros navires.

Le Somaliland, un État convoité

Le port de Berbera, où l’opérateur dubaïote DP World (toujours en conflit ouvert avec Djibouti) prévoit d’investir 442 millions de dollars dans un nouveau quai, est bien positionné pour approvisionner le sud de l’Éthiopie. C’est le marché régional que vise aussi le trader.

Cela devrait permettre de réduire la vulnérabilité aux chocs et retards depuis Djibouti

L’investissement de Trafigura apparaît néanmoins étonnant, compte tenu du statut de l’État du Somaliland et de la quasi-inexistence des infrastructures routières entre Berbera et l’Éthiopie, même si une entreprise financée par Abu Dhabi a commencé les travaux d’un corridor.

« Nous n’avons pas nécessairement exclu Djibouti, cette opportunité s’est simplement présentée la première. Cela devrait permettre de réduire la vulnérabilité aux chocs et retards depuis Djibouti » confie un porte-parole de Trafigura.

Un marché de 2,8 milliards de dollars

Car, si Trafigura s’installe à Berbera, c’est aussi pour profiter de la croissance des besoins du grand voisin éthiopien en hydrocarbures qui augmentent de 9% par an depuis dix ans. Des besoins auxquels le terminal pétrolier Horizon à Djibouti, géré par le dubaïote Emirates National Oil Company, ne parvient plus à répondre à lui tout seul. Mais il s’agit aussi probablement pour Trafigura de sécuriser ses positions en Éthiopie.

Les besoins éthiopiens en hydrocarbures s’élèvent à 4,1 millions de tonnes

Comme le révélait Jeune Afrique Business + en juin dernier, Trafigura est depuis le 1er juillet le titulaire du contrat d’approvisionnement annuel lancé par l’importateur national Ethiopian Petroleum Supply Enterprise (EPSE), portant sur la fourniture de 60% de l’essence vendue en Éthiopie, 50% du gasoil et 25% du jet fuel. En 2019, les besoins de ce pays en hydrocarbures s’élevaient à 4,1 millions de tonnes, représentant un marché de 2,8 milliards de dollars.

 

Si les infrastructures voient bien le jour au Somaliland, l’Éthiopie pourra potentiellement faire jouer la concurrence entre ses deux voisins. Côté djiboutien, on ne se dit pourtant pas inquiet de cette alternative, qui ne fait qu’émerger, en faisant valoir les avantages de la petite république francophone en matière d’infrastructures et de sécurité.

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