Justice

Affaire Chebeya en RDC : les coulisses de l’arrestation de Christian Ngoy

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 07 septembre 2020 à 16h55
Procès en appel de l’affaire Chebeya, le 17 septembre 2015

Procès en appel de l'affaire Chebeya, le 17 septembre 2015 © JUNIOR KANNAH / AFP

Condamné lors du procès de l’assassinat du militant Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana en 2010, Christian Ngoy Kenga Kenga, officier de la police, était en fuite depuis neuf ans. Voici comment sa « cavale » a pris fin.

Selon nos informations, l’opération qui a mené à l’arrestation de Christian Ngoy Kenga Kenga, le 3 septembre à Lubumbashi, a été discrètement conduite par les services de sécurité, munis d’un mandat d’amener émanant de la justice militaire. Les autorités provinciales n’en ont été informées qu’ultérieurement par téléphone.

Transféré par la suite à Kinshasa, ce collaborateur de l’ex-inspecteur général de l’armée John Numbi est notamment accusé de détention illégale d’armes et détenu à la prison militaire de Ndolo.

Relancer le procès ?

Depuis son arrestation, plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme ont saisi le président Félix Tshisekedi. Elles font pression pour que le procès sur le double assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana soit relancé.

Floribert Chebeya, directeur de l’ONG Voix des sans voix (VSV), l’un des membres de celle-ci, Fidèle Bazana, ont disparu le 1er juin 2010 alors qu’ils se rendaient à un rendez-vous avec John Numbi. Le corps de Floribert Chebeya a été découvert sans vie par la police le lendemain, et celui de Fidèle Bazana n’a jamais été retrouvé.

Le 23 juin 2011, la Cour militaire de Kinshasa-Gombe a condamné quatre des huit policiers accusés à la peine capitale – dont Christian Ngoy -, un cinquième à la prison à perpétuité, et acquitté les trois autres. Le 2 juin 2014, une plainte avec constitution de partie civile a par ailleurs été déposée devant la justice sénégalaise sur la base de la loi dite de compétence extraterritoriale.

Le 17 septembre 2015, lors du procès en appel, la justice congolaise a acquitté ou allégé la peine de certains de ces policiers. 

Mugabo et Numbi toujours pas inquiétés

Mais celle de Christian Ngoy, condamné par contumace, court toujours. Depuis le double assassinat, l’homme était en fuite et circulait en toute liberté dans le sud de la RDC. Un autre fugitif, l’ancien policier Jacques Mugabo, lui aussi condamné, n’a pour l’heure toujours pas été inquiété.

Tous deux sont proches du général John Numbi. Pourtant considéré comme le commanditaire de ces actes, ce dernier n’a jamais été poursuivi. Il était, à l’époque des faits, inspecteur général de la police, un poste auquel il n’a pas été reconduit à l’issue du récent remaniement dans l’armée. Il est actuellement sans fonction.

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