Banque de développement

Soutenu par l’AFD, le Ghana recherche 170 millions de dollars pour ses infrastructures

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Mis à jour le 08 septembre 2020 à 14h58
Vue d'une rue d'Accra, capitale du Ghana. Image d'illustration.

Vue d'une rue d'Accra, capitale du Ghana. Image d'illustration. © Francisco Anzola/Flickr/Licence CC

Avec un crédit de 85 millions de dollars de l’AFD, le fonds ghanéen dédié aux infrastructures (GIIF) espère convaincre deux autres institutions de développement.

Ce sont près de 170 millions de dollars supplémentaires que le Ghana Infrastructure Investment Fund (GIIF) entend lever d’ici à la fin de l’année. Selon Solomon Asamoah, le directeur général du GIIF, des pourparlers sont actuellement en cours avec deux institutions de financement du développement (IFD), alors que les processus de due diligence ont été retardés par le Covid-19.

Au mois d’août, le pays a sécurisé une ligne de crédit sur dix ans auprès de l’Agence française de développement (AFD), à un taux de +3,5% sur le cours du Libor (taux de référence à Londres). C’est la première fois qu’un des investissements du GIIF est garanti autrement que par le gouvernement ghanéen.

Créé en 2014, le GIIF est mandaté par le Accra pour investir dans des projets d’infrastructures.

«Nous savons très bien quel genre de projets ils veulent soutenir, a déclaré Solomon Asamoah à The Africa Report/Jeune Afrique. Il ne servait à rien d’essayer de collecter des fonds trop tôt. Nous avons dû établir un premier bilan et investir judicieusement l’argent initialement octroyé par le gouvernement. »

Les trois IFD contactées par le fonds ont en effet pu démarrer une due diligence avant la crise sanitaire, ajoute Asamoah. Toutes ont pu choisir les projets qu’elles souhaitaient visiter, et d’entre elles a choisi de se passer de l’assistance du GIIF.

Financement du développement durable

L’AFD a clairement indiqué qu’elle souhaitait des investissements qui conduisent à des améliorations en matière de climat et de développement durable. Et dans ce cadre, le fonds dispose d’un « important pipeline de projets potentiels » qui lui permettrait d’investir les ressources apportées par l’AFD dans un délai d’un an, estime Solomon Asamoah.

Nous ne construisons pas de route vers le village du ministre

Le GIIF envisage ainsi de débloquer des fonds pour des projets dans les énergies renouvelables, l’écotourisme, l’éducation, le logement abordable ou encore la gestion des eaux usées.

Pour rappel, le conseil d’administration du GIIF est issu du secteur privé et ne compte pas de représentant du gouvernement. Le ministre des Finances ne siège qu’au comité consultatif du fonds. Et le gouvernement n’envisage pas de s’impliquer dans les décisions d’investissement individuelles, mais uniquement au niveau des secteurs, assure le DG du fonds ghanéen.

« Nous considérons nos investissements comme le fait le secteur privé », ajoute Solomon Asamoah. « Nous ne construisons pas de route vers le village du ministre. » Il dit n’avoir jamais été mis sous pression par le gouvernement pour favoriser un projet.

Plusieurs projets retardés

Les principaux investissements actuels du fonds ont été durement affectés par les perturbations économiques liées au Covid-19. Il s’agit notamment de Ghana Airports Company Limited (GACL), né de la séparation d’avec l’Autorité ghanéenne de l’aviation civile, de l’Airport City Pullman Hotel ou encore du complexe Maaha Beach.

La construction de l’hôtel Pullman a été retardée et son achèvement ne devrait pas intervenir avant la fin de 2021. Quant à la station balnéaire de Maaha Beach, le projet a obtenu un report du paiement des intérêts (six mois à un an), d’après Solomon Asamoah.

Par ailleurs, une éventuelle suspension des créances pour la compagnie aéroportuaire sera envisagé. « Je prendrai la décision à la fin de l’année », note notre interlocuteur. « Cela dépendra de la vitesse de remontée en puissance des activités aéroportuaires. »

Cet article est originairement sur le site de nos confrères The Africa Report

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