Arts

Hassanein Hiridjee, PDG d’Axian, ouvre un lieu d’exposition à Paris

| Par
Mis à jour le 08 septembre 2020 à 10h32
Hassanein Hiridjee, PDG du groupe Axian

Hassanein Hiridjee, PDG du groupe Axian © Eric Lefeuvre

Déjà présente à Antananarivo, la fondation H de l’homme d’affaires malgache Hassanein Hiridjee s’installe au cœur de Paris, avec une première exposition de Malala Andrialavidrazana.

Comme tous ses invités, le PDG du groupe Axian Hassanein Hiridjee était masqué pour l’ouverture officielle du nouvel espace parisien de sa fondation, au cœur du quartier historique du Marais, à Paris. Créé en mai 2019 sur 72m2, ce lieu était inauguré ce 3 septembre avec l’exposition « Les échos du monde » de l’artiste malgache Malala Andrialavidrazana. Il s’agit du second espace ouvert par la fondation H : le premier se trouve au rez-de-chaussée du Kube D, dans la zone Galaxy Andraharo d’Antananarivo, à Madagascar.

Lancée en 2015, la fondation de Hassanein Hiridjee est « engagée à développer et rendre plus solidaire les scènes artistiques nationales du continent africain » et entend « soutenir la création contemporaine émergente africaine en accompagnant les artistes et en ouvrant de nouvelles passerelles entre l’art contemporain et ses différents publics ».

Talents émergents

Sa collection est aujourd’hui constituée d’environ 200 œuvres, essentiellement malgaches, « issues de l’intérêt d’Hassanein Hiridjee pour la création malgache, africaine et internationale ».

À Tana, la programmation alterne entre expositions collectives et personnelles – Madame Z, Matchbox D., Donn, etc. À Paris, en partenariat avec la Cité internationale des arts, les salles du 24, rue Geoffroy l’Asnier accueilleront aussi des expositions collectives ou individuelles d’artistes essentiellement malgaches. Avec l’ambition de mettre en avant « les talents émergents en leur permettant de concrétiser leurs projets au travers d’expositions ouvertes au grand public guidées par un médiateur culturel ».

Contrairement aux nombreuses galeries présentes dans le quartier, « cet espace à but non lucratif ne tirera aucun profit de la vente des œuvres qui seront exposées entre ses murs ».

Le lieu concrétise aussi le partenariat établi depuis 2016 entre la fondation H et le prix Paritana, qui récompense chaque année trois artistes malgaches (bourses d’aide à la création, résidence de trois mois à la Cité internationale des arts…) et organise une exposition collective à l’Institut français de Madagascar pour les dix nominés.

Montée en puissance

Par le passé, la Fondation H s’est déjà illustrée grâce à des actions de mécénat remarquées, que ce soit pour le pavillon de Madagascar à la biennale de Venise en 2019 (entièrement occupé par une œuvre du plasticien Joël Andrianomearisoa) ou pour la grande exposition « Madagascar : Arts de la grande île », au musée du quai Branly, entre septembre 2018 et janvier 2019. Une démarche qui se poursuivra d’ailleurs dans les mois à venir avec un soutien apporté à la saison Africa 2020, en France.

L’ouverture de l’espace parisien de la Fondation H marque une claire montée en puissance d’un mécène jusque-là discret, mais patient et déterminé. Le faible nombre de vernissages consacrés à l’art contemporain du continent – Covid19 oblige – ne peut expliquer à lui seul la présence dans le Marais, le 3 septembre, de nombreux noms qui comptent dans le paysage artistique africain.

Du banquier d’affaires et candidat malheureux à la présidentielle béninoise Lionel Zinsou à la directrice de la fondation Dapper Christiane Falgayrette-Leveau en passant par la directrice de la foire Akaa, la représentante de la foire 1-54 ou encore le duo créateur de la biennale de sculptures de Ouagadougou (Biso) Léon Nyaba Ouedraogo et Christophe Person, ils étaient tous là, masqués eux aussi, pour discuter sur le trottoir de la situation du secteur.

Et pour admirer, dans l’espace plus réduit des 72m2, plusieurs séries de photographies de Malala Andrialavidrazana : « Outre-Monde » (2003), « Insomnia » (2009-2010), « Echoes (from Indian Ocean) » (2011-2013) et « Figures » (2015).

Cette dernière série, remarquée et régulièrement exposée depuis cinq ans « résonne puissamment avec le contexte actuel », comme l’écrit Sonia Recasens, historienne de l’art. En se saisissant de cartes géographiques anciennes et d’éléments iconographiques tirés de billets de banque, de timbre, de pochettes de disques ou d’ouvrages anciens, la plasticienne malgache invite à penser l’histoire, les territoires et les identités, sans rage, avec poésie. Ses œuvres sont vendues entre 1 700 et 16 000 euros.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3095_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte