Politique

Au Mali, début des concertations nationales sur la transition

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 05 septembre 2020 à 10h42
Le colonel Assimi Goïta, au ministère de la Défense à Bamako, le 22 août 2020.

Le colonel Assimi Goïta, au ministère de la Défense à Bamako, le 22 août 2020. © AP/Sipa

La junte lance ce week-end une consultation avec les partis et la société civile sur la transition censée ramener les civils à la tête du pays.

Les colonels qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août ont promis de rendre les commandes aux civils à l’issue d’une transition d’une durée encore indéterminée.

Mais la forme et la durée de cette transition, deux sujets de frictions avec la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui a imposé des sanctions aux nouveaux dirigeants militaires, ne sont pas encore fixées.

Le lancement de cette large consultation avait subi un sérieux contre-temps le weekend dernier. Les militaires l’avaient reportée, en pleine querelle avec un acteur primordial de la crise, le Mouvement du 5-Juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP).

Ces rencontres, sous la présidence du colonel Assimi Goïta, le nouvel homme fort du Mali, commenceront finalement samedi à 09H30 (GMT et locales) à Bamako, ainsi que dans les capitales régionales du Mali, sous la houlette des gouverneurs de région, selon la junte.

« La concertation nationale se poursuivra du 10 au 12 septembre 2020 (à Bamako) avec la participation des délégués régionaux et ceux de la diaspora », a précisé Ismaël Wagué, le porte-parole du Comité pour le salut du Peuple (CNSP), l’instance mise en place par les militaires.

Le M5-RFP, qui s’était indigné de ne pas avoir été invité nominativement à la première rencontre, figure cette fois explicitement parmi les participants annoncés, avec les partis politiques, les organisations de la société civile, d’anciens groupes rebelles, les syndicats et la presse.

Pas de « carte blanche »

Pour les militaires, le temps presse : les dirigeants ouest-africains, qui ont réclamé une « transition civile » et des élections sous 12 mois, se réunissent lundi par visioconférence avec la situation malienne en haut de l’ordre du jour.

Sur le plan intérieur, le M5-RFP qui a canalisé l’exaspération des Maliens devant la grave crise sécuritaire, économique et institutionnelle traversée par leur pays, mais aussi la corruption reprochée à toute la classe politique, réclame d’être placé sur un pied d’égalité avec la junte à l’heure de la transition.

Il l’avait accusée de chercher à « confisquer » le changement et sa figure tutélaire, l’imam Mahmoud Dicko, a prévenu les militaires qu’ils n’avaient pas « carte blanche ».

Depuis, et après s’être d’abord surtout entretenus avec les représentants étrangers pour les rassurer mais aussi demander la levée des sanctions imposées par les voisins ouest-africains, les militaires ont reçu séparément les représentants du M5-RFP et des responsables de partis ou de syndicats.

Chacun a exposé sa vision, en particulier sur la durée de la transition et qui, civil ou militaire, devra la conduire. Ces questions divisent militaires et responsables maliens, communauté internationale et experts.

IBK sur le départ

Les uns invoquent le temps et l’autorité indispensables pour relever les immenses défis auxquels fait face le pays et pour ne pas commettre à nouveau les erreurs d’un passé tourmenté. Les autres font valoir a contrario le risque d’un nouvel affaiblissement de l’État, d’une instabilité encore accrue dont profiteraient les jihadistes, ainsi que le mauvais exemple régional donné par une junte maintenue durablement au pouvoir.

La junte a proposé initialement trois ans sous la conduite d’un militaire, avant de rabaisser la barre à deux et de se dire ouverte sur son chef. Le M5-RFP a de son côté proposé une transition de 18 à 24 mois, avec des civils aux manettes des institutions.

L’ex-président Keïta, en résidence surveillée à Bamako selon son entourage, s’apprête quant à lui à quitter le Mali, après avoir été hospitalisé cette semaine, victime selon les médecins d’un court accident vasculaire cérébral (AVC). Il pourrait se rendre aux Émirats arabes unis pour des soins complémentaires, avec l’accord des militaires, selon ses proches.

Vendredi, au moins 10 soldats ont été tués dans une embuscade près de la frontière mauritanienne.

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