Transport aérien

South African Airways : le renfort inattendu d’Ethiopian Airlines

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Un appareil de South African Airways sur le tarmac du Cap en juin 2006.

Un appareil de South African Airways sur le tarmac du Cap en juin 2006. © Clarence Muller/AP/SIPA

La principale compagnie du continent négocie avec Pretoria en vue d’une éventuelle prise de participation dans le pavillon national sud-africain. La dernière chance de lui éviter la faillite ?

Le feuilleton South African Airlines ne veut décidément pas s’achever. Le refus par le gouvernement, en avril dernier, d’un énième renflouement financier avait pourtant semblé sonner le glas de la compagnie sud-africaine.

Selon Bloomberg, qui cite une source anonyme proche du dossier, Ethiopian Airlines serait en effet en négociation avec Pretoria sur la possibilité d’offrir un soutien à son concurrent sud-africain.

Un partenariat avant tout opérationnel

Mais si une prise de participation « fait partie des options en cours de discussion », il s’agirait surtout pour la compagnie éthiopienne d’apporter une expertise opérationnelle, poursuit l’agence américaine. La plus grande partie des 10 milliards de rands (504 millions d’euros) du plan de sauvetage élaboré par les administrateurs et soutenu par l’État et les syndicats devrait donc « provenir de bailleurs de fonds privés plutôt que de l’Éthiopie ».

Bien que fragilisée par la chute drastique de l’activité liée à la pandémie de coronavirus, la compagnie dirigée par Tewolde GebreMariam ne renonce donc pas à la stratégie de partenariats avec ses consœurs du continent.

Pour la seule année 2018, elle a ainsi investi au Tchad, en Zambie, au Mozambique, en Guinée équatoriale… Et le patron d’Ethiopian n’a jamais caché son intérêt pour la compagnie sud-africaine : en 2019, il avait ainsi déclaré qu’Ethiopian « serait intéressée par une prise de participation dans la SAA si elle était approchée ». Selon le dirigeant, des discussions avaient d’ailleurs déjà été amorcées par le passé, sans résultat.

Quatre propositions « prometteuses » pour l’avenir de SAA

Après avoir longtemps lutté pour conserver son pavillon national, qui avait notamment bénéficié d’un nouveau plan de sauvetage de 4 milliards de rands (248 millions d’euros) en décembre 2019 dont la moitié en fonds publics , Pretoria paraissait en effet s’être résigné à la faillite, et les discussions autour de la procédure de licenciement de l’ensemble des salariés ont commencé en mai.

C’était sans compter l’acharnement du ministre des Entreprises, Pravin Gordhan, à poursuivre des projets de restructuration de la compagnie, qui n’a pas volé depuis le mois de mars. Accompagnées de Rand Merchant Bank et de FirstRand Ltd, ses équipes ont entamé des négociations avec des investisseurs privés, le Trésor national indiquant qu’il se contenterait de fournir une garantie de dette, à hauteur de 16,4 milliards de rands, si un arrangement était trouvé.

À la mi-août, le ministère des Entreprises publiques avait indiqué avoir reçu pas moins de dix manifestations d’intérêt de la part de « bailleurs de fonds du secteur privé, de capital-investisseurs et de partenaires » pour la reprise de la compagnie et de ses filiales.

Parmi ces propositions, « quatre sont prometteuses », avait alors confié le directeur général du département des entreprises publiques, Kgathatso Tlhakudi, à la presse sud-africaine. Outre la compagnie éthiopienne, Emirates s’est engagé dans un accord de partage de code avec la SAA.

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