Elections

Présidentielle en Guinée : Cellou Dalein Diallo candidat face à Alpha Condé

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Mis à jour le 06 septembre 2020 à 18h16
Cellou Dalein Diallo à son domicile de Conakry, en 2016.

Cellou Dalein Diallo à son domicile de Conakry, en 2016. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Pour la troisième fois consécutive, Cellou Dalein Diallo sera candidat à la présidentielle en Guinée. Son parti, l’UFDG, prônait pourtant jusque-là le boycott du scrutin dans le cas où Alpha Condé briguerait un troisième mandat.

Sa décision se faisait attendre. Après de longues hésitations et d’âpres discussions au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti d’opposition a annoncé samedi, tard dans la soirée, aux coordinateurs du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) qu’il participera bel et bien à la présidentielle.

Lors d’une Assemblée générale extraordinaire, organisée dimanche, l’UFDG a investi le chef de file de l’opposition comme candidat du parti à l’élection présidentielle prévue le 18 octobre prochain.

Cellou Dalein Diallo,  se lancera donc, pour la troisième fois consécutive, dans la course à la présidence. Et pour la troisième fois, ce sera face à Alpha Condé.

Fin du boycott

Mercredi, les cadres du parti avaient formellement demandé à leur président de se porter candidat, à l’issue d’une assemblée plénière au siège de l’UFDG, dans le quartier Hamdallaye, à Conakry. « Nous avons dit à Cellou Dalein Diallo que nous devions déposer notre candidature, pour éviter d’être dans une situation de forclusion, car le dépôt des candidatures prend fin le 8 septembre », confie à Jeune Afrique l’un des ténors du parti ayant pris part à cette réunion.

« L’objectif, c’est d’éviter de rejouer le scénario de mars dernier », explique notre source. Après avoir boycotté le double scrutin – les législatives et le référendum constitutionnel –, le parti n’a en effet désormais plus aucun représentant à l’Assemblée nationale. Face à ses lieutenants, Cellou Dalein Diallo a « pris acte » de leur demande, mais a réclamé « un délai de 48 heures » avant de faire connaître sa décision. Il lui aura finalement fallu quatre jours pour donner sa réponse aux cadres de son parti, tant les dissensions étaient nombreuses.

Décision sous pression

La pression que subissait le chef de file de l’opposition était forte. D’un côté, les militants de l’UFDG étaient partagés sur la stratégie à adopter. Une vaste consultation avait été menée au cours des jours précédant la rencontre, les fédérations locales du parti étant mises à contribution pour recueillir le sentiment de la base sur l’opportunité ou non de poursuivre le boycott.

« La tendance était claire : il faut y aller », confie un cacique du parti d’opposition. Les cadres réunis au siège de l’UFDG mercredi se sont donc fait l’écho de ces remontées du terrain en faveur d’une participation au processus électoral.

De l’autre côté, les coordinateurs du FNDC ont exigé des leaders des partis d’opposition qu’ils sortent de leur silence et expriment clairement, et rapidement, leur intention de participer ou non au scrutin. Cellou Dalein Diallo a donc tranché en faveur des premiers. Première conséquence, mécanique, de la déclaration de candidature de Cellou Dalein Diallo : l’exclusion de son parti du FNDC.

L’UFDG pose ses conditions

L’UFDG n’entend cependant pas aller à l’élection sans négocier une série de préalables. « Le dépôt de notre candidature ne signifie pas que nous serons de facto dans la course le 18 octobre », précise un cadre de l’UFDG.

« Si le scrutin n’est pas supervisé par la communauté internationale, et si le fichier électoral – qui comporte plus de 2 millions d’électeurs problématiques – n’est pas assaini, nous retirerons notre candidature », assure-t-il.

Certains plaident également pour un report du vote. C’est notamment le cas du vice-président de l’UFDG, Fodé Oussou Fofana, qui estime que c’est « impératif pour aller aux urnes dans de bonnes conditions ».

Autant de paramètres qui vont obliger le parti de Cellou Dalein Diallo à rétablir le dialogue avec l’exécutif, rompu depuis plus d’un an.

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