Agroalimentaire

Côte d’Ivoire : Dekel Agri-Vision se tourne vers la noix de cajou

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Mis à jour le 04 septembre 2020 à 13h35
La Côte d'Ivoire compte environ 250 000 planteurs d'anacardiers.

La Côte d'Ivoire compte environ 250 000 planteurs d'anacardiers. © Olivier pour JA

Pour compenser la volatilité des prix de l’huile de palme, son activité principale, l’entreprise se lance dans la transformation d’anacarde.

Alors que moins d’un cinquième de la production ivoirienne de noix de cajou est transformé à l’intérieur du pays, Dekel Agri-Vision, entreprise cotée à l’Alternative Investment Market (AIM) de Londres et spécialisée dans l’huile de palme, s’est lancée dans la création d’une unité de broyage à Tiébissou, à 40 km au nord de Yamoussoukro.

Cette diversification est une manière pour l’entreprise de réduire son exposition aux aléas de la récolte des fruits de palmier en Côte d’Ivoire et aux prix internationaux de l’huile de palme.

Après avoir atteint un pic d’environ 870 dollars la tonne en janvier, ces derniers ont en effet été sévèrement affectés par la crise sanitaire et le confinement, avant de retrouver récemment un niveau de 700 dollars, qui permet à Dekel de conserver une certaine rentabilité, a confié à Jeune Afrique Lincoln Moore, le directeur exécutif de l’entreprise.

Des installations « rentables en six mois »

L’entreprise, qui n’a pas eu à recourir aux licenciements malgré ces mois difficiles et « devrait s’en sortir » sans avoir besoin de lever des fonds supplémentaires, se félicite le dirigeant, doit donc se lancer dans la transformation d’anacarde en se basant sur ses infrastructures et sa main d’œuvre originelles, dédiées jusque là uniquement à l’huile de palme.

Dekel-Vision, qui a annoncé la semaine dernière avoir reçu la première livraison d’équipement de broyage en provenance d’Italie, prévoit la mise en service de l’unité de transformation d’anacarde en avril 2021. Et ce, malgré les « gestes barrière » imposés par le coronavirus, précise Lincoln Moore, selon lequel le broyage des noix de cajou se fera à l’extérieur, sans que les employés aient besoin d’être proches les uns des autres.

Selon le dirigeant, l’unité deviendra rentable dans les six mois, et sa capacité, de 10 000 tonnes de noix de cajou brutes au lancement, doit être portée à 30 000 tonnes d’ici à 2023.

Relocaliser la valeur

Pour l’instant, la majeure partie de l’anacarde de Côte d’Ivoire – l’un des plus gros producteurs mondiaux – est exportée pour être transformée en Inde, au Vietnam et au Brésil avant d’atteindre les consommateurs finaux en Europe occidentale et en Asie.

Mais Yamoussoukro compte sur une localisation de la transformation pour conserver sur place une plus grande part de la valeur de la production. D’autant que le prix au producteur a subi une baisse drastique en 2019 – de 500 F CFA le kilo à 375 F CFA  (de 0,76 euro à 0,57 euro) – que la maigre réévaluation de février 2020, à 400 F CFA, en février 2020, n’a pas suffi à rattraper.

La transformation locale pourrait en outre aider à lutter contre le phénomène de contrebande, alors  le Conseil national de la noix de cajou estime qu’entre 150 000 et 200 000 tonnes de noix de cajou ont été exportées clandestinement, principalement vers le Ghana, en 2019.

Un projet d’énergie renouvelable en suspens

Si Dekel-Vision a encore d’autres projets de diversification, ceux-ci ont été retardés du fait du coronavirus, mais aussi parce que « nous voulons bien faire les choses avant d’investir dans d’autres projets », confie Lincoln Moore. Ce dernier évoque notamment un projet d’énergie renouvelable utilisant les déchets de la production d’huile de palme, suspendu en raison des dépenses d’investissement « importantes » nécessaires.

Ce projet pourrait voir le jour ultérieurement, si nécessaire via un financement par actions, par obligations ou par la dette bancaire.

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