Energie

Maroc : le vent se lève pour Nareva

| Par Jeune Afrique et
Avec ses 105 éoliennes, l'entreprise produit 203 MWh par an.

Avec ses 105 éoliennes, l'entreprise produit 203 MWh par an. © GDF Suez/Capa pictures/Lubroth Adam

Déjà propriétaire de trois parcs, la société marocaine construit à Tarfaya le plus grand projet éolien d’Afrique, en partenariat avec GDF Suez. Coût : 443 millions d’euros.

Avec 3 milliards de dirhams investis (226 millions d’euros), 105 éoliennes installées, 203 MWh d’électricité produits… Nareva a le vent en poupe. Unique producteur marocain de cette électricité propre, la société détenue à 100 % par le holding royal SNI gère depuis janvier 2013 trois parcs : le premier, à Haouma, surplombe le port de Tanger Med et produit 50 MWh. Le deuxième, à Foum el-Oued, à 70 km de Laayoune, possède la même capacité. Le troisième, à Akhfennir, toujours dans le Sahara marocain, peut produire jusqu’à 100 MWh. Ce dernier devrait continuer à s’accroître. « Nous travaillons à son extension. Ses capacités devront doubler d’ici à la fin de 2014 », annonce Ahmed Nakkouche, le PDG de Nareva.

Objectif du Maroc : que cette électricité propre représente 14% de son mix énergétique en 2020. 

Ces trois parcs, gérés par Énergie éolienne du Maroc (EEM), une filiale de Nareva, fournissent leur énergie, depuis plus d’un an, à des industriels locaux comme OCP, Samir, Sonasid, Lafarge ou Air Liquide. Une énergie écologique et bon marché dont ces grandes compagnies raffolent. « À prix égal ou même légèrement supérieur, il vaut mieux consommer vert… » estime un dirigeant d’OCP, dont le site de Boucraa, près de Laayoune, est alimenté vingt-quatre heures sur vingt-quatre par les électrons provenant des éoliennes de Foum el-Oued.

Outre la propreté de sa production, Nareva séduit aussi par la constance de son offre. « Nous signons des contrats pour une durée de vingt ans. Nos clients savent donc d’ores et déjà combien leur coûtera l’électricité sur une longue période, et n’ont pas à se soucier des perturbations des marchés internationaux du pétrole ou du charbon », signale le PDG de Nareva.

Tournis

Faisant désormais partie des relais de croissance sur lesquels mise le holding royal SNI, la société ne compte pas s’arrêter là. Elle achève les travaux de construction de son quatrième site à Tarfaya. Les données techniques et financières de ce projet donnent le tournis. Porté par Tarec, une filiale commune de Nareva et du groupe franco-belge GDF Suez, il mobilise un investissement de 5 milliards de dirhams (443 millions d’euros). Cent trente et une turbines y seront installées, pour une capacité de production de 301,3 MW. « C’est le plus grand projet éolien d’Afrique », souligne Ahmed Nakkouche. Sur le site, une trentaine d’éoliennes flambant neuves tournent déjà, pendant que les équipes de Siemens (fournisseur d’éoliennes pour Tarec) s’affairent à installer les autres tours. « Le parc sera complètement opérationnel d’ici à la fin 2014 », promet le patron de Nareva.

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Graal

Près de dix ans après sa création, Nareva doit croiser le fer avec des géants mondiaux (Mitsui, Enercon, Siemens, EDF, AES), qui tentent de vendre leur expertise au royaume. Le Maroc ambitionne de porter la part de l’éolien dans son mix énergétique à 14 % d’ici à 2020 (contre 7 % aujourd’hui). « On nous a longtemps qualifiés de débutants. Mais nous avons prouvé notre capacité à gérer de grands projets éoliens », assure Ahmed Nakkouche.

Une manière d’affirmer que Nareva a toutes ses chances pour remporter le Graal, ce méga-appel d’offres international lancé en février par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour la construction de cinq parcs d’une capacité totale de 850 MW. Nareva y postule à la tête d’un consortium composé de l’émirati Taqa et de l’italien Enel Green Power. En attendant les résultats, fin 2014, le holding énergétique de la SNI se concentre sur la rentabilisation de ses projets déjà lancés. Une tâche loin d’être aisée quand on sait que le retour sur investissement peut prendre huit à douze ans en moyenne. « Tout dépendra du vent », comme le dit Nakkouche, qui espère redistribuer les premiers dividendes à sa maison mère d’ici cinq ans.

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