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Présidence de la Fédération ivoirienne de football : Drogba saisit la FIFA

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Les soutiens à la candidature de Didier Drogba à la présidence de la FIF, à Treichville, le 1er août 2020.

Les soutiens à la candidature de Didier Drogba à la présidence de la FIF, à Treichville, le 1er août 2020. © SIA KAMBOU/AFP

Alors que sa candidature à la présidence de la FIF a été invalidée par la commission électorale, Didier Drogba se tourne vers la FIFA. Celle-ci a suspendu le processus et nommé une commission chargée du dossier.

Le (mauvais) feuilleton continue. L’élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF), pour la succession de Sidy Diallo, tourne au vaudeville. Les derniers épisodes viennent le confirmer.

Le 26 août dernier, la commission électorale de la FIF a rejeté les candidatures de Didier Drogba et de Paul Kouadio Koffi, et a validé celles de Sory Diabaté, vice-président de la Fédération et président de la Ligue professionnelle de football, et de Idriss Diallo, ancien numéro deux de la FIF.

« Faux motifs »

Une décision qui a immédiatement fait réagir le camp de l’ancien buteur et capitaine des Éléphants ivoiriens. « Nous ne sommes même pas étonnés par cette décision, lâche Eugène Diomandé, membre influent de l’équipe de campagne de l’ex-attaquant. La commission électorale n’est qu’une camarilla, qui ne fait qu’avancer de faux motifs pour invalider la candidature de Didier Drogba, en contravention du code électoral. »

Selon l’instance, certains parrainages de l’ancien attaquant de l’Olympique de Marseille – celui de l’Africa Sports d’Abidjan au titre des clubs de division 1 et celui des arbitres de l’AMAF-CI – ne seraient pas recevables.

Sans attendre, Drogba a décidé de saisir la FIFA, plutôt que de déposer un recours dans les cinq jours suivant cette décision devant la commission électorale. « À quoi bon ? Déposer un recours serait reconnaître l’autorité et la compétence de cette commission. Or, nous ne la reconnaissons pas », martèle Diomandé.

« Tout est fait pour que Didier Drogba ne soit pas candidat, car ceux qui organisent ces manœuvres savent très bien qu’il a de très grandes chances d’être élu », ajoute l’homme d’affaires et président du Séwé Sport de San-Pedro.

La Fifa monte au créneau

La FIFA, dans un courrier rédigé par la Sénégalaise Fatma Samoura, sa secrétaire générale, n’a pas tardé à réagir. Elle a suspendu le processus électoral en demandant à la FIF de lui fournir plusieurs documents « afin d’avoir une vue d’ensemble et d’intervenir au besoin pour garantir un déroulement du processus électoral conforme aux exigences statutaires et réglementaires de la FIFA applicables à toutes ses associations membres. »

Elle a aussi décidé, le 1er septembre, de nommer une commission composée de deux membres de la FIFA, de la CAF et d’un représentant de l’Union des fédérations ouest-africaines de football (UFOA). Celle-ci sera chargée d’auditionner plusieurs personnes, dont des membres de la commission électorale ou encore l’actuel président de la FIF.

Pour rappel, le dossier de Drogba avait d’abord été validé le 10 août par la commission, alors présidée par René Diby, un ancien ministre des Sports. Mais la décision n’avait pas été notifiée aux différents candidats, et la Fédération ivoirienne avait sauté sur l’occasion pour suspendre le processus électoral. Diby, en signe de protestation, avait claqué la porte le 25 août, et la FIFA, déjà, avait ordonné à la commission électorale de reprendre son travail.

Le silence du pouvoir

Aujourd’hui, et alors que la date initiale de l’élection – le 5 septembre – n’est évidemment plus d’actualité, le football ivoirien va être suspendu aux conclusions de l’enquête de la commission FIFA-CAF. « Nous sommes optimistes quant à la validité de la candidature de Didier Drogba, qui continue de rencontrer des acteurs du football local », affirme de son côté Diomandé.

C’est probablement en raison de l’élection du 31 octobre que le Palais ne bouge pas »

Le pouvoir observe avec attention les multiples rebondissements qui secouent le football ivoirien, en prenant soin de ne pas s’en mêler. « C’est même étonnant. D’habitude, les politiques cherchent toujours à mettre leur nez dans les affaires du foot. J’étais candidat à l’élection pour la présidence de la FIF en 2011, et le pouvoir était alors beaucoup plus présent, assure Salif Bictogo, président du Stella Club d’Adjamé. Mais là, il se tient à équidistance de chaque candidat. C’est probablement en raison de l’élection du 31 octobre que le Palais ne bouge pas : il a d’autres chats à fouetter. »

« Il est probable que l’État n’interviendra pas et qu’il espère même que le président de la FIF sera élu avant la fin du mois de septembre. Car tant que ce ne sera pas le cas, les compétitions ne reprendront pas. Et les joueurs sont à l’arrêt depuis plus de six mois. Cela ne peut pas durer éternellement… », poursuit Salif Bictogo.

Pourtant, l’hypothèse d’un scrutin organisé après l’élection du président de la République n’est pas totalement écartée à Abidjan…

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