Diplomatie

Libye : à Tripoli, qui a poussé Bachagha vers la sortie ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
A l'issue d'une réunion du Conseil présidentiel, vendredi 28 août, le ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha a été "suspendu". (Ici, le 29 août 2020.)

A l'issue d'une réunion du Conseil présidentiel, vendredi 28 août, le ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha a été "suspendu". (Ici, le 29 août 2020.) © AFP

Plusieurs poids lourds de la sphère politique tripolitaine ont milité auprès de Fayez al-Sarraj pour acter la mise à l’écart, le 28 août, du ministre de l’Intérieur Fathi Bachagha, en poste depuis deux ans. Voici lesquels. 

Selon nos informations, l’ambassadeur du Gouvernement d’union nationale (GNA) auprès de l’Union européenne, Hafed Gaddur, a discrètement joué un rôle dans la suspension du ministre misrati Fathi Bachagha, en appuyant son départ auprès de Fayez al-Sarraj.

Cette manœuvre fait sens : Hafed Gaddur n’est autre que le cousin de Mustafa Gaddur, le commandant de la puissante milice tripolitaine Nawasi.

Pourtant affiliée au GNA, Nawasi est accusée par Fathi Bachagha d’avoir enlevé six manifestants le 29 août lors du mouvement de protestation – autorisé par le ministre – contre les conditions de vie et la corruption.

Mais cette katiba est en conflit ouvert avec le ministre de l’Intérieur depuis mai dernier, alors qu’il avait entrepris de réformer l’appareil sécuritaire. Cette action devait contribuer à démanteler la milice Nawasi, dont les membres ont intégré les services de renseignements tripolitains, mais aussi la Brigade des révolutionnaires de Tripoli (TRB). Une tentative de mise au pas des milices de la capitale qui lui a valu de nombreux détracteurs.

Ahmed Miitig en embuscade

En plus de ce règlement de comptes avec les Gaddur, Fathi Bachagha a aussi fait les frais de ses inimitiés avec le numéro deux du Conseil présidentiel, Ahmed Miitig, autre poids lourd de la cité-État. Les ambitions politiques des deux hommes, qui se positionnent dans le cadre d’une reformation d’un gouvernement unifié, ne faisaient pas bon ménage alors que Fathi Bachagha avait réussi à se tailler un costume de présidentiable aux yeux de la communauté internationale.

Cependant, l’éviction du ministre de l’Intérieur pourrait bien faire éclater la fragile unité du GNA. Fathi Bachagha compte se positionner en candidat de la rue, se proposant comme une troisième voie face à l’alternative comprenant Fayez al-Sarraj à l’Ouest et Aguila Salah Issa, le président du Parlement, à l’Est.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3094_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte