Politique

Mali : les conditions de détention d’IBK, Boubou Cissé et Moussa Timbiné

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 01 septembre 2020 à 11h15
L'ancien Premier ministre Boubou Cissé.

L'ancien Premier ministre Boubou Cissé. © Vincent FOURNIER/JA

Tandis que l’ancien président est en résidence surveillée dans sa résidence personnelle de Sébénikoro, son ancien Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale dissoute sont toujours aux mains de la junte à Kati. 

La libération de Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et des autres personnalités du régime arrêtées le 18 août, jour du putsch, était l’une des demandes de la mission de la Cedeao, qui a quitté Bamako le 24 août.

Si l’ancien président a pu regagner sa résidence personnelle de Sébénikoro, son ex-Premier ministre Boubou Cissé et l’ancien président de l’Assemblée nationale Moussa Timbiné n’ont pas encore été remis en liberté, contrairement aux rumeurs qui circulent à Bamako.

Aucun droit de visite

Arrêté en même temps qu’IBK à son domicile de Sébénikoro, Boubou Cissé est tenu à l’écart de ses proches. Ses repas lui sont préparés par le service traiteur de la présidence.

Des sources familiales décrivent par ailleurs les conditions de détention de Moussa Timbiné comme étant « acceptables ». Selon des membres de son entourage, ce dernier n’a pas encore pu voir sa famille mais a le droit de leur téléphoner chaque jour. Ce sont les militaires qui lui apportent de la nourriture.

Contactée par Jeune Afrique, la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) nous a confirmé avoir rencontré le 27 août Boubou Cissé, Moussa Timbiné ainsi que les généraux arrêtés. Selon elle, leurs droits de visite et à l’information ne sont pas respectés. La CNDH a demandé à la junte de les libérer, car leur détention ne s’inscrit pas selon elle dans un cadre juridique.

IBK coupé du monde

Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) soutient qu’il détient ces personnalités pour leur propre sécurité, afin que la population ne s’attaque pas à elles. Il estime également que les généraux impliqués dans des malversations doivent pouvoir répondre de leurs actes devant la justice.

La libération de Boubou Cissé et de Moussa Timbiné sera abordée par le comité de suivi mis en place par la Cedeao sur la crise malienne au cours de ses échanges à venir avec le CNSP.

Par ailleurs et selon nos informations, IBK n’a plus accès à son médecin personnel depuis qu’il a regagné son domicile, où la connexion internet a été coupée le 30 août. L’ancien président n’a par ailleurs plus de téléphone depuis qu’il lui a été confisqué le 19 août. Quant aux autres résidents de Sébénikoro, ils en sont également privés depuis le 28 août.

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