Diplomatie

Décès de Mamadi Diané : Alassane Ouattara perd un pilier de sa diplomatie

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Mamadi Diané (au centre en costume gris), avec Alassane Ouattara à Abuja le 22 décembre 2018 pour le 54e sommet de la Cedeao.

Mamadi Diané (au centre en costume gris), avec Alassane Ouattara à Abuja le 22 décembre 2018 pour le 54e sommet de la Cedeao. © DR / Présidence de la République ivoirienne

Mamadi Diané, ambassadeur itinérant du président ivoirien, est décédé jeudi à l’âge de 73 ans. Il était un hommes clé de la politique étrangère d’Alassane Ouattara.

C’est un nouveau coup dur pour le chef de l’État ivoirien, moins de deux mois après le décès d’Amadou Gon Coulibaly, son Premier ministre et dauphin désigné à la présidentielle. Jeudi 27 août, Mamadi Diané, l’ambassadeur itinérant de la présidence ivoirienne, est décédé à Abidjan. Avec cette disparition soudaine, Alassane Ouattara a perdu un des piliers de sa diplomatie.

Mamadi Diané avait contracté le coronavirus fin juillet, qui avait entraîné des complications. Il était traité dans une clinique réputée dans les quartiers sud d’Abidjan. Son état de santé s’était dans un premier temps amélioré, bien qu’il n’ait pas recouvré l’intégralité de ses capacités physiques. Cloué dans un fauteuil, il avait pourtant entamé une rééducation. Mais dans la seconde moitié du mois d’août, Mamadi Diané a fait une rechute et a, de nouveau, été admis à l’hôpital.

Une longue amitié

«  Le 26 août, dans la soirée, son état s’est aggravé et aurait nécessité une évacuation à l’étranger pour s’y faire soigner. Malheureusement, cela n’a pas pu se faire. Les médecins se sont mobilisés pour stabiliser son état, mais hélas, le lendemain, il est décédé », rapporte un membre de sa famille, qui a souhaité conserver l’anonymat.

L’ancien conseiller diplomatique d’Alassane Ouattara était l’un des piliers de sa politique étrangère. Discret en public, il était en revanche extrêmement actif dans les coulisses. « Lors des missions diplomatiques, on le surnommait même le « ministre des Affaires étrangères bis » », confie un proche d’Alassane Ouattara. Sa dernière sortie publique aux côtés du président ivoirien remonte au sommet des chefs d’État de l’Union africaine de février 2020, à Addis-Abeba.

L’amitié entre les deux hommes remonte aux années 1970. C’est l’ambassadeur du Burkina Faso à Washington qui présente Alassane Ouattara à Mamadi Diané et à son oncle, Ibrahim Keita, un homme d’affaires ivoirien qui fut proche de Félix Houphouët Boigny, et a par la suite notamment été membre du comité exécutif du club des contributeurs des deux campagnes de Barack Obama.

Diplomate de l’ombre

Mamadi Diané, qui vivait à Washington où il travaillait dans le négoce de riz et menait des activités de lobbying, a rejoint Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire dès 2011, pour devenir son conseiller diplomatique. Très introduit dans les milieux démocrates américains, et plus largement dans le monde anglo-saxon, il a notamment participé au ralliement de plusieurs chefs d’État et responsables politiques à la cause d’Alassane Ouattara, alors engagé dans une guerre sans merci face à Laurent Gbagbo.

À la présidence, Mamadi Diané avait la haute main sur la diplomatie de l’ombre. Mais en août 2016, son immixtion dans l’élection présidentielle gabonaise – il avait alors soutenu Jean Ping – lui avait valu les foudres d’Alassane Ouattara, qui l’a limogé dans la foulée. Mais Mamadi Diané, qui avait ses bureaux officiels dans la tour EECI, où logent les services de renseignements de la présidence, n’a jamais quitté le giron du chef de l’État, pour lequel il continuait de mener de discrètes missions. Il reviendra officiellement dans le dispositif présidentiel en janvier 2019, lorsqu’il est nommé « ambassadeur itinérant » par décret présidentiel.

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