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WorldRemit, une menace grandissante pour Western Union et MoneyGram

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Mis à jour le 27 août 2020 à 20h42
Un client reçoit de l'argent via le service WorldRemit, en Ouganda

Un client reçoit de l'argent via le service WorldRemit, en Ouganda © WorldRemit

Le service de transfert d’argent vient de racheter l’américain Sendwave, actif dans six pays d’Afrique, et se pose en concurrent de plus en plus sérieux des deux géants du secteur.

Malgré la baisse des transferts d’argent entre particuliers à destination du continent pointée par la Banque mondiale et d’autres études parues récemment sur le sujet, les acteurs du secteur semblent toujours aussi confiants.

C’est du moins le cas du britannique WorldRemit, qui a annoncé le 26 août être sur le point d’acquérir Sendwave, un challenger de taille basé à Boston, qui permet d’envoyer des fonds depuis l’Amérique du Nord et l’Europe vers le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal.

L’opération, d’un montant de 500 millions de dollars, porte la valorisation de l’entreprise créée en 2014 par deux ingénieurs américains à 1,5 milliard de dollars. La transaction, qui devrait être bouclée d’ici à la fin de l’année, demeure soumise à l’approbation des autorités de régulation.

Ambitions en Afrique francophone

Pilotée sur le continent par Hassan Kimani, ex-directeur du département transferts d’argent pour Chase Bank au Kenya, la start-up qui revendique 100 000 utilisateurs partage avec son nouveau propriétaire des ambitions en Afrique francophone. Elle a d’ailleurs récemment ouvert son service au Sénégal où ses frais se chiffrent à 1 % du montant envoyé, sans pouvoir dépasser deux euros. Ailleurs, ces derniers sont gratuits.

Jusqu’ici soutenu par des investisseurs tels que Khosla Ventures, Founders Fund, Y Combinator et les cofondateurs de PayPal, le service fondé par Drew Durbin et Lincoln Quirk et dirigé depuis 2016 par Will Fogel a intéressé WorldRemit pour sa technologie qui promet des transferts de fonds « aussi simples que l’envoi d’un SMS ».

Un positionnement original alors que les nouveaux venus du secteur sur continent, comme Transferwise ou Xoom (Paypal), misent plutôt sur la sécurité des transferts et des frais peu élevés. Il est prévu que Sendwave poursuive ses activités en gardant sa marque, son management et ses effectifs. En revanche son expertise technologique devrait être intégrée dans les offres de WorldRemit.

« Au cours de la période de douze mois se terminant le 30 juin 2020, les transferts d’argent effectués via WorldRemit et Sendwave se sont élevés à environ 7,5 milliards de dollars, générant près de 280 millions de dollars de revenus. Cela représente une croissance en glissement annuel de plus de 50 % pour l’exercice clos fin juin 2020 par rapport aux revenus combinés historiques », indique WorldRemit dans un communiqué.

Faire flancher Western Union et MoneyGram

Avec 4 millions de clients et plus de 150 pays couverts, l’application britannique WorldRemit, créée en 2010, et dirigée par Breon Corcoran fait partie aux côtés de sa compatriote Transferwise des deux plus importants challengers des opérateurs historiques Western Union et MoneyGram, régulièrement tancés pour leurs frais de transaction jugés prohibitifs.

En 2019, le premier a connu un léger repli de ses revenus sur le continent (-1 % par rapport à 2018), tandis que MoneyGram, qui ne communique aucun chiffre sur la région, continue son déploiement.

L’entreprise texane a annoncé cette semaine un partenariat avec l’opérateur de télécommunications Airtel, qui ouvre la possibilité à ses 19 millions de clients de recevoir des fonds. Elle a signé dans le même temps trois autres accords avec les agrégateurs de solutions de paiement Thunes, InTouch et MFS Africa.

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