Politique

RDC : pourquoi la coalition au pouvoir boycotte le forum sur les réformes électorales

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Mis à jour le 26 août 2020 à 12:20

La Cellule d’appui politologique Afrique-Caraïbes (Capac), de l’université de Liège, a proposé un forum aux différents courants politiques congolais pour qu’ils s’entendent sur des réformes électorales. (Photo d’illustration.) © Yannick Tylle/EPA/MAXPPP

Le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (Cach) ont décidé de boycotter le forum sur les réformes électorales organisé par la Cellule d’appui politologique Afrique-Caraïbes de l’université de Liège. Voici pourquoi.

Le forum de l’université de Liège sur les réformes électorales en RDC, qui se tient du 24 au 29 août à Kinshasa mais qui a été suspendu le 25 août, a enregistré la participation de tous les leaders de l’opposition dont Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba ou encore Adolphe Muzito. En revanche – et c’est la raison de la suspension décidée par les organisateurs vingt-quatre heures après l’ouverture de l’événement –, aucun représentant de la coalition au pouvoir ne répondra présent.

Le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (Cach) ont en effet tous deux refusé de prendre part à ce forum. L’événement, organisé par la Cellule d’appui politologique Afrique-Caraïbes (Capac) de l’université de Liège, vise à obtenir un consensus entre les principales forces politiques du pays sur les grandes options de la réforme électorale.

La coalition ne veut pas de Bob Kabamba

Le forum de l’université de Liège sur les réformes électorales en RDC, qui se tient du 24 au 29 août à Kinshasa, a été suspendu le 25 août.

Le forum de l’université de Liège sur les réformes électorales en RDC, qui se tient du 24 au 29 août à Kinshasa, a été suspendu le 25 août. © DAI KUROKAWA/EPA/MAXPPP

D’après nos informations, le Cach, le parti du président Félix Tshisekedi, estime que cet exercice n’est qu’un moyen de contourner un débat démocratique au sein des institutions de la République. Les proches de Tshisekedi, comme ceux de Joseph Kabila, jugent en outre qu’une université étrangère, financée par l’Union européenne, n’a pas à prendre cette initiative.

Selon nos sources, les proches de Kabila refusent de participer à une « initiative extra-institutionnelle imposée par l’Union européenne ». Le Cach est également réticent en raison de l’implication de l’Église catholique, qui accueille l’événement au centre interdiocésain de Kinshasa, car elle est très critique vis-à-vis du pouvoir de Félix Tshisekedi.

La personnalité de Bob Kabamba, qui dirige la Capac, pose également problème. Les entourages du président et de son prédécesseur affirment que celui-ci agit dans une logique partisane pour le compte des leaders de Lamuka, Martin Fayulu et Jean-Pierre Bemba.