Santé

Tunisie : le casse-tête de la rentrée scolaire

Réservé aux abonnés | | Par - à Tunis
Prise de température pour des élèves d'un lycée de Tunis.

Prise de température pour des élèves d'un lycée de Tunis. © FETHI BELAID/AFP

La rentrée scolaire tunisienne est maintenue pour le 15 septembre. Un test grandeur nature pour le pays qui fait face à une recrudescence des cas de coronavirus.

Le comité scientifique de lutte contre le coronavirus a approuvé le 25 août le protocole sanitaire à appliquer lors de la rentrée scolaire, maintenue le 15 septembre. Un test grandeur nature pour le pays qui fait face à une nouvelle vague de la pandémie de Covid-19. Une « opération suicide » pour le secrétaire général du syndicat de l’enseignement secondaire, Lassaad Yaakoubi, pour qui le maintien de la rentrée à la date prévue est au mieux irréaliste.

L’inquiétude monte également chez les parents d’élèves et le personnel enseignant. Plus que 18 jours pour être fin prêt à reprendre les cours, et ce à tous les niveaux scolaires. Après plusieurs réunions et concertations entre le ministère de l’Éducation et les syndicats concernés, la date de la rentrée scolaire en Tunisie, qui concerne quelque deux millions d’élèves, a été fixée et adoptée par un conseil ministériel pour le 15 septembre, pour s’achever le 30 juin 2021.

Mais la tâche sera difficile, colossale même. Avec le regain des contaminations dues au Covid-19 en ce mois d’août, la question taraude tous les esprits : a-t-on opté pour la bonne décision ?

Le test du baccalauréat

Après l’interruption des cours en Tunisie le 12 Mars 2020, le gouvernement tunisien a décidé leur reprise seulement en mai et uniquement pour les élèves concernés par le baccalauréat. Les concours de 6e et 9e années (l’équivalent de la 6e et la 3e en France) ont aussi pu être passés, un stress-test réussi puisque aucune contamination n’a été constatée au terme des épreuves. Une expérience que le ministre de l’Éducation Mohamed Hamdi – qui devrait être remplacé par Fathi Sellouati – s’était alors empressé de qualifier de « succès sans faille », en comparaison avec d’autres pays.

Aujourd’hui, l’ambiance n’est plus à l’auto-satisfecit. Le virus circule dans le pays de façon plus virulente : depuis l’ouverture des frontières fin juin, les contaminations au Covid ont explosé en Tunisie : 3069 cas le 26 août, contre une dizaine au début du mois.

Sans compter que le nombre d’élèves qui retourneront en classe est bien plus élevé qu’avant l’été, et que le corps éducatif et administratif à mobiliser pour la rentrée est lui aussi considérable. Évidemment, le budget à prévoir pour assurer la sécurité sanitaire de ce grand rendez-vous devra lui aussi être revu à la hausse, dans un contexte de grave crise économique.

« Nous devons coexister avec ce virus et nous ne perturberons ni les études ni la vie sociale et économique », avait promis Nissaf Ben Alaya directrice de l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes. Pour être à la hauteur de cet engagement, une commission technique en collaboration avec le ministère de la Santé a été chargée d’élaborer un nouveau protocole sanitaire en milieu scolaire pour protéger les élèves et les équipes pédagogiques.

Protocole d’accueil sanitaire

Un protocole conçu selon les directives de la commission scientifique nationale de lutte contre le Covid-19. Parmi les principales mesures du protocole : l’application de la distanciation sociale, la prise de température pour les élèves et les enseignants à leur entrée dans les établissements situés dans les régions les plus touchées, le port de masque pour le personnel – les élèves en sont dispensés -, l’installation de distributeurs de gel hydro-alcoolique à l’entrée des établissements et des classes.

Reste que des interrogations demeurent sur le financement de ces mesures et l’application à la lettre du protocole, notamment dans les établissements scolaires qui souffrent déjà de conditions précaires.

Notre plus grande préoccupation est de faire respecter la distanciation physique nécessaire

Mais le principal défi demeure la gestion des flux d’élèves. « Notre plus grande préoccupation est de faire respecter la distanciation physique nécessaire entre les élèves dans les établissements scolaires », a confirmé Mohamed Hamdi ministre sortant de l’Éducation.

Aménagement des horaires de cours

Ce dernier a ainsi appelé à aménager les horaires des cours afin d’être en mesure de disperser les élèves et les enseignants sur toute la journée, et éviter un encombrement des classes. Il faudra donc nécessairement dénicher plus de salles de classe et plus d’enseignants pour des groupes d’élèves restreints. Là encore, la problématique du financement demeure centrale.

Il sera également possible de modifier le calendrier (examens et vacances) en fonction de l’évolution de la situation, quitte à interrompre une nouvelle fois les cours. « Les normes pédagogiques viennent en second lieu », avait ainsi souligné le ministre lors d’une interview accordée à la radio Mosaïque FM, ajoutant que les experts et les syndicats étudient de nouvelles possibilités concernant le retour des classes.

Moins de vingt jours pour se préparer : les autorités seront attendues au tournant pour cette rentrée 2020.

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