Diplomatie

Libye : les autorités rivales déclarent un cessez-le-feu immédiat

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 24 août 2020 à 16h21
Les forces du gouvernement de Tripoli se heurtent aux forces dirigées par le maréchal Khalifa Haftar, au sud de Tripoli, en Libye, en mai 2019.

Les forces du gouvernement de Tripoli se heurtent aux forces dirigées par le maréchal Khalifa Haftar, au sud de Tripoli, en Libye, en mai 2019. © Hazem Ahmed/AP/SIPA

Les autorités rivales libyennes ont annoncé séparément un cessez-le-feu et la tenue prochaine d’élections. Un espoir pour le pays plongé dans le conflit depuis la chute de Kadhafi en 2011.

Enfin le retour de la paix pour la Libye ? Les autorités rivales ont en tout cas annoncé séparément vendredi l’organisation d’élections prochainement et la cessation de tous les combats sur le territoire, une « entente » saluée par l’ONU.

Dans deux communiqués distincts, Fayez al-Sarraj, chef du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, et Aguila Saleh, président du Parlement élu, basé dans l’est du pays, ont annoncé des élections prochainement et ordonné à toutes les parties d’observer « un cessez-le-feu immédiat et l’arrêt de tous les combats sur tout le territoire libyen ».

Cet accord intervient alors que l’internationalisation croissante du conflit laissait craindre à une intensification des combats. Les forces du GNA, soutenus par la Turquie, se préparaient depuis juillet à relancer un assaut sur la ville de Syrte dans le centre du pays.

Conflits sans fin et lutte d’influence

L’Égypte avait alors menacé d’intervenir militairement pour renforcer les troupes du maréchal Haftar, théoriquement sous l’autorité du parlement de Tobrouk. Aussitôt après la diffusion des communiqués, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, s’est félicité de l’annonce des autorités rivales.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à de multiples conflits et à une lutte d’influence entre deux autorités rivales : le (GNA), et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est qui a le soutien d’une partie du Parlement élu et notamment de son président, Aguila Saleh.

Le GNA, appuyé par Ankara, a réussi à repousser une offensive du maréchal Haftar lancée en avril 2019 contre Tripoli, reprenant en juin le contrôle de l’ensemble du nord-ouest du pays. Après plus d’un an de combats meurtriers, Fayez al-Sarraj a « ordonné à toutes les forces armées un cessez-le-feu immédiat et l’arrêt de toutes les opérations de combat sur tout le territoire libyen », ce qui permettra selon lui, de créer des zones démilitarisées à Syrte (nord) et dans la région d’al-Joufra, plus au sud, actuellement sous le contrôle des pro-Haftar.

Dans le communiqué d’Aguila Saleh, diffusé vendredi par la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), Aguila Saleh ne mentionne cependant pas la démilitarisation de Syrte et al-Joufra mais propose l’installation d’un nouveau gouvernement à Syrte, ville natale de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi puis bastion du groupe État islamique (EI). Pour sa part, la Manul a accueilli « chaleureusement l’entente dans les déclarations d’aujourd’hui du Premier ministre (Fayez) al-Sarraj et du Président Aguila (Saleh), appelant à un cessez-le-feu et à la reprise du processus politique ».

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