Politique

Comment Moussa Dadis Camara vit l’approche de la présidentielle en Guinée

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 21 août 2020 à 17h29
Moussa Dadis Camara, l'ancien chef de la junte guinéenne.

Moussa Dadis Camara, l'ancien chef de la junte guinéenne. © DENIS ALLARD/REA

De Ouagadougou, où il vit en exil depuis janvier 2010, Moussa Dadis Camara suit de très près l’évolution de la situation politique en Guinée. Bien qu’attaché à son devoir de réserve, il prône, en privé, un dialogue pour sortir de la crise actuelle.

Moussa Dadis Camara se montre discret, ce qui n’a pas toujours été sa principale qualité. Mais l’ancien chef de l’État guinéen, qui a renversé Lansana Conté en décembre 2008, continue en coulisses de suivre l’actualité politique de son pays. Et ne se prive pas de la commenter en privé.

Selon nos informations, depuis Ouagadougou, la capitale burkinabè, « Dadis » consulte constamment le ministre de l’Hydraulique Papa Koly Kourouma ou encore Idrissa Chérif, président de l’Union pour le changement de Guinée (UCG), qui a été son conseiller et son ministre de la Communication en 2008. Les deux hommes sont originaires de Guinée forestière, le fief de Moussa Dadis Camara.

« Dadis » favorable au dialogue

De passage à Ouagadougou la semaine du 17 août, Idrissa Chérif en a profité pour rencontrer l’ancien président guinéen – et réclamer son soutien – et lui a fait part de sa volonté de présenter sa candidature à la présidentielle prévue le 18 octobre.

Très préoccupé par la situation dans son pays, Dadis a demandé à son ex-conseiller et ami s’il a la certitude que le scrutin pourra se dérouler dans les règles. « Dadis » affirme souhaiter que les partis politiques parviennent à surmonter leurs différends pour favoriser un dialogue, seul moyen selon lui de sortir de la crise actuelle.

S’il refuse de s’exprimer sur le changement de Constitution du pays, Moussa Dadis Camara s’interroge sur la stratégie de l’opposition. Selon nos sources, il a demandé à son ancien conseiller si les opposants Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré allaient prendre part à l’élection en cas de candidature du président Alpha Condé.

Un homme nouveau ?

Toutefois, l’ancien chef d’État se garde bien de donner publiquement son avis. Sollicité par Jeune Afrique, le chef de la junte militaire de 2008 n’a pas souhaité répondre à nos questions, invoquant la « réserve » qu’exige son statut d’ancien chef d’État. Alors qu’on lui prête régulièrement l’ambition de revenir en politique, il affirme qu’il n’en est rien. Ses proches assurent quant à eux qu’il est devenu un « homme nouveau ».

« Dadis » s’emploie également à conserver des relations apaisées avec Alpha Condé, avec qui il parle régulièrement au téléphone. Selon nos informations, l’ancien président est également impatient de voir s’ouvrir le procès du massacre du Stade-du-28 septembre – qui a fait 156 morts en 2009. Il espère que les audiences, annoncées pour juin 2020 puis reportées, pourront avoir lieu après l’élection présidentielle et souhaite pouvoir y livrer sa « part de vérité ».

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