Société

Sénégal : des stocks massifs de nitrate d’ammonium dans le port de Dakar suscitent l’inquiétude

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 21 août 2020 à 10h37
Port autonome de Dakar (image d'illustration)

Port autonome de Dakar (image d'illustration) © Sylvain Cherkaoui pour Jeune A

Les autorités sénégalaises ont déclaré jeudi que près de 2 700 tonnes de nitrate d’ammonium sont entreposées dans une zone de transit du port de Dakar. Une quantité équivalente à celle de l’explosion meurtrière qui a frappé Beyrouth le 4 août dernier.

Environ 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium, une quantité équivalente à celle à l’origine de l’explosion meurtrière et dévastatrice de Beyrouth, sont entreposées dans une zone de transit du port de Dakar, ont indiqué jeudi les autorités sénégalaises, qui n’ont pas encore trouvé de solution pour les évacuer.

Quelque 3.050 tonnes de nitrate d’ammonium, un produit utilisé aussi bien comme engrais agricole que dans le secteur civil des explosifs (secteur minier et travaux publics), ont été débarquées à Dakar, a indiqué dans un communiqué la direction du port autonome de la capitale sénégalaise, une institution publique, sans préciser leur date d’arrivée.

Le port de Dakar borde le centre historique de la capitale dont l’agglomération fait plus de trois millions d’habitants.

Propriétaire mis en demeure

« Sur ce tonnage, 350 tonnes ont déjà été évacuées vers le Mali, qui reste sa destination finale », selon la direction du port, qui affirme avoir « mis en demeure le propriétaire pour l’enlèvement de la marchandise ».

Problème: les frontières du Mali, pays enclavé voisin du Sénégal, sont fermées depuis le coup d’État militaire qui a renversé mardi le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Le propriétaire des produits a proposé qu’ils soient temporairement stockés sur un terrain lui appartenant à Diamniadio, ville nouvelle en cours de développement à une trentaine de kilomètres de Dakar.

Mais le ministère de l’Environnement, à qui une demande a été introduite, « ne l’a pas acceptée parce que toutes les conditions ne sont pas réunies », a dit jeudi un de ses responsables, Baba Dramé, évoquant notamment « l’absence d’étude d’impact ».

« Nous avons demandé au propriétaire de prendre ses dispositions pour que le produit puisse être acheminé hors du Sénégal », a-t-il ajouté.

Éviter la catastrophe

Le président Macky Sall a quant à lui réclamé mercredi en conseil des ministres un « plan national de recensement (et) d’audit de sécurisation des dépôts de produits chimiques dangereux », selon un communiqué de la présidence.

En 1992, l’explosion à Dakar d’un camion-citerne transportant de l’ammoniac liquide avait fait 107 morts et 300 blessés.

Le 4 août dernier, une gigantesque déflagration au port de Beyrouth a fait au moins 181 morts, plus de 6.500 blessés et a ravagé des pans entiers de la capitale libanaise.

Elle a été provoquée par un incendie dans un entrepôt où avaient été stockées, selon les autorités, 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis six ans, « sans mesures de précaution » de l’aveu même du Premier ministre démissionnaire Hassan Diab.

Le port autonome de Dakar a « pris toutes les dispositions nécessaires pour être en règle en vue d’éviter de telles catastrophes », selon sa direction.

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