Diplomatie

Le nouvel ambassadeur de France bien perçu par Alger

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Mis à jour le 24 août 2020 à 17h50
Francois Gouyette

Francois Gouyette © © Ons Abid

La nomination du nouvel ambassadeur de France en Algérie François Gouyette, réputé fin connaisseur du monde arabe, est vue comme un signe positif et rassurant par les autorités algériennes.

Les autorités algériennes n’ont pas attendu plus de cinq jours pour donner leur agrément à la nomination annoncée par Emmanuel Macron en Conseil des ministres. Le nouvel ambassadeur de France auprès de la République algérienne, François Gouyette remplace Xavier Driencourt, admis à la retraite. Un changement bien accueilli à Alger, où la personnalité du diplomate sortant, déjà ambassadeur en Algérie entre 2008 et 2012, était devenu un objet de crispation entre les deux capitales.

Celui-ci avait notamment été convoqué le 31 mars par le ministère algérien des Affaires étrangères après l’interview du chercheur Franck Ghilès sur France 24, dont les critiques sur la gestion du Covid-19 en Algérie avaient été jugées « infondées » à Alger. Un épisode qui avait contribué à entamer la relation antre l’ex-ambassadeur de France et les autorités algériennes.

Né en 1956 à Paris, François Gouyette n’est pas un novice du monde arabe puisqu’il a successivement été en poste aux Émirats arabes unis (2001-2005), en Libye (2008-2011), en Tunisie (2012-2016) et enfin en Arabie saoudite à partir de 2016. Lui qui affirme dans une interview accordée au Point être venu à la diplomatie par « son goût pour le monde et la culture arabes », a également été entre 2005 et 2008 ambassadeur chargé du processus euro-méditerranéen au sein du ministère français des Affaires étrangères ainsi que conseiller du ministre de l’Intérieur entre 1997 et 2000 et ministre-conseiller à Ankara de 1996 à 1997.

Se saisir du contentieux mémoriel

« Sa maîtrise des dossiers chauds du monde arabe et son carnet d’adresses pourraient être d’une grande utilité lors des échanges avec les autorités algériennes. Notamment sur le conflit libyen… », confie à Jeune Afrique un diplomate algérien chevronné. L’Algérie cherche à peser davantage sur ce dossier sensible, et a proposé à plusieurs reprises sa médiation entre les différentes factions libyennes.

L’ancien ministre algérien Ramtane Lamamara a même été un temps pressenti au remplacement de l’ex-émissaire de l’ONU en Libye Ghassan Salamé, avec, selon nos sources, l’assentiment du président français dont il est proche.

Mais l’une des principales missions du nouvel ambassadeur consistera à contribuer à solder le contentieux mémoriel entre les deux pays, dans la foulée des annonces faites en ce sens lors de l’échange téléphonique entre les présidents algérien et français en juillet et de la restitution en juin de 24 crânes de résistants algériens à la veille du 58e anniversaire de la fête d’indépendance.

Gouyette est le diplomate idoine pour  réchauffer les relations entre Alger et Paris

« N’oublions pas qu’il fut conseiller diplomatique au cabinet de l’ex-ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement, grand ami de l’Algérie et soutien indéfectible durant les années noires du terrorisme. Gouyette est le diplomate idoine pour  réchauffer les relations entre Alger et Paris et relancer la coopération économique entre les deux pays « , estime de son côté un ancien cadre du ministère algérien des Affaires étrangères algérien.

Redynamiser les relations entre Alger et Paris

Sa nomination est ainsi accueillie comme un nouveau pas engagé par le président français Emmanuel Macron pour la redynamisation des relations diplomatiques entre Paris et Alger. L’historien français Benjamin Stora doit d’ailleurs remettre d’ici décembre 2020 un rapport sur les actions à engager en vue de favoriser la « réconciliation entre les peuples français et algérien ».

Côté algérien, c’est le conseiller en charge des archives nationales et de la mémoire nationale auprès du président Tebboune, Abdelmadjid Chikhi qui a été désigné le 19 juillet.

L’un des atouts non négligeables, et remarqué à Alger, du futur ambassadeur de France est, avance-t-on, sa maîtrise parfaite de l’arabe et du dialecte algérien. Père de trois enfants, Gouyette est titulaire d’une maîtrise en droit public, d’un diplôme de traducteur de l’arabe au français et d’un diplôme de l’Institut des langues et civilisations orientales.

« Il passait dans les années 1970 souvent ses vacances en Algérie en compagnie de son père », révèle l’une de nos sources. Le rôle de son épouse d’origine algérienne est également mis en avant. « En Tunisie, elle a pu établir des liens considérables avec la société civile », rappelle-t-on.

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