Politique

Coup d’État au Mali : qui les putschistes détiennent-ils ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 19 août 2020 à 18h52
Ibrahim Boubacar Keïta au sommet du G5 Sahel, le 30 juin 2020, en Mauritanie.

Ibrahim Boubacar Keïta au sommet du G5 Sahel, le 30 juin 2020, en Mauritanie. © Ludovic Marin / Reuters

Mardi, des rumeurs faisaient état de l’arrestation de plusieurs personnalités de haut rang. Jeune Afrique démêle le vrai du faux.

Une grande confusion a entouré les événements qui se sont déroulés le 18 août, les rumeurs d’arrestation se multipliant au fil des heures. Plusieurs se sont révélées infondées. Ainsi, Tiébilé Dramé, le ministre des Affaires étrangères, est toujours libre de ses mouvements, tout comme Karim Keïta, le fils du chef de l’État qui, jusqu’à la mi-juillet, dirigeait la Commission défense de l’Assemblée nationale.

Ce dernier se trouvait au côté de son père, dans l’enceinte de la résidence de Sébénikoro, quand les militaires putschistes y ont fait irruption, aux alentours de 16 h 30, heure locale. À ce moment-là, les mutins ont choisi de ne pas l’arrêter. Depuis, il se fait discret.

Le général Moussa Diawara est également libre. Selon nos informations, le chef de la sécurité d’État se cache de crainte d’être arrêté.

Tractations avec IBK

Abdoulaye Daffé, le nouveau ministre de l’Économie et des Finances, a en revanche bien été interpellé. L’ancien patron de la Banque du Mali, nommé fin juillet à l’issue du sommet extraordinaire de la Cedeao consacré à la crise malienne, fait partie des premières personnalités à être tombées aux mains des mutins, en début de matinée. Il a été arrêté dans son bureau de Bamako avant d’être emmené au camp militaire de Kati.

C’est là que tout a commencé, ce 18 août. Le camp a été le théâtre d’une mutinerie, comme en 2012, lors du putsch qui avait conduit à la chute du président Amadou Toumani Touré.

Abdoulaye Daffé s’y trouve actuellement avec Moussa Timbiné, le président de l’Assemblée nationale – enlevé lui aussi mardi en début de matinée. Ils y ont été rejoints par le ministre de la Défense, le général Ibrahima Dahirou Dembélé, et, en fin de journée, par le président et son Premier ministre, Boubou Cissé, arrêté à Sébénikoro.

Selon nos informations, une fois à Kati, les mutins ont eu de longs échanges avec le chef de l’État. Sa démission n’a pas été immédiatement exigée : les putschistes lui ont d’abord proposé de rester en poste, mais en lui ôtant toutes ses prérogatives, ce que IBK n’a pas accepté, préférant renoncer au pouvoir.

Enfin, Jeune Afrique a eu confirmation que M’Bemba Moussa Keïta, le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, que le général Abdoulaye Coulibaly, le chef d’état-major général des armées, et que le général Oumar Dao, le chef d’état-major particulier du chef de l’État, avaient également été mis aux arrêts.

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