Politique

Coup d’État au Mali : les putschistes promettent des élections « dans un délai raisonnable »

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 20 août 2020 à 16h43
Le Comité national du salut du peuple (CNSP), lors d'une allocution télévisée, le 19 août 2020. De gauche à droite : Modibo Koné, Assimi Goïta, Ismaël Wagué, Malick Diaw, Sadio Camara.

Le Comité national du salut du peuple (CNSP), lors d'une allocution télévisée, le 19 août 2020. De gauche à droite : Modibo Koné, Assimi Goïta, Ismaël Wagué, Malick Diaw, Sadio Camara. © Capture d'écran YouTube

Après la démission forcée de Ibrahim Boubacar Keïta dans la nuit de mardi à mercredi, les militaires putschistes, réunis au sein du « Comité national pour le salut du peuple », ont affirmé leur volonté de mener une transition politique. La Cedeao « dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes » et a décidé de fermer toutes les frontières avec le Mali.

« Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire d’assurer la continuité de l’État et des services publics », a affirmé le colonel-major Ismaël Wagué, porte-parole des militaires mutinés.

Dans un communiqué lu tôt mercredi matin à la télévision publique ORTM, ce chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, assurant « ne pas tenir au pouvoir » et se tenir « au-delà des clivages politiques et idéologiques », a détaillé la feuille de route du CNSP et promit une transition politique et des élections générales.

Au cours de la nuit,  le président Keïta, arrêté quelques heures plus tôt par des militaires, annonçait quant à lui sa démission, la dissolution du gouvernement et celle de l’Assemblée nationale dans une déclaration télévisée.

« Transition civile »

« À compter de ce jour 19 août 2020, toutes les frontières aériennes et terrestres du pays sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Un couvre-feu est instauré de 21 heures à 5 heures du matin jusqu’à nouvel ordre », a-t-il également indiqué.

« Nous ne tenons pas au pouvoir, mais nous tenons à la stabilité du pays, qui nous permettra d’organiser dans des délais raisonnables des élections générales pour permettre au Mali de se doter d’institutions fortes », a assuré le colonel-major Ismaël Wagué. Il a également annoncé vouloir utiliser les conclusions du Dialogue national inclusif comme une base du nouveau cadre de gouvernance.

« La société civile et les mouvements socio-politiques sont invités à nous rejoindre pour ensemble créer les meilleures conditions d’une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles pour l’exercice démocratique qui jettera les bases d’un Mali nouveau. »

Le CNSP a manifesté sa volonté d’être « accompagné » par les organisations sous-régionales : « la Minusma, l’opération Barkhane, le G5 Sahel, la force Takuba demeurent nos partenaires », a précisé Ismaël Wagué, précisant que les accords étaient maintenus, y compris l’accord issu du processus d’Alger.

Menaces de sanction

La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a quant à elle condamné l’action de « militaires putschistes » et a pris une série de mesures d’effet immédiat pour isoler le Mali. Dans un communiqué publié mercredi, l’organisation « dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel », ainsi que « la libération immédiate » du président malien et « de tous les officiels arrêtés ».

La Cedeao « suspend » le Mali de tous ses organes de décision « avec effet immédiat ». Elle « décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les (autres) pays membres de la Cedeao et le Mali ».

Enfin, la Cedeao « demande la mise en œuvre immédiate d’un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leurs partenaires et collaborateurs ».

Une visioconférence des chefs d’Etat de la Cedeao sur « la situation au Mali » se tiendra jeudi sous la présidence du chef de l’Etat nigérien Mahamadou Issoufou, a annoncé la présidence du Niger, qui préside actuellement la Cedeao.

L’action des mutins a aussi suscité des protestations de l’Union africaine, de l’ONU, de l’Union européenne et de la France.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte