Banque de développement

Le Béninois Serge Ekué prend la tête de la BOAD

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Mis à jour le 19 août 2020 à 12h24
Serge Ekué, président de la BOAD

Serge Ekué, président de la BOAD © DR

Cet ancien de Natixis remplacera à compter du 28 août son compatriote Christian Adovelande, arrivé au terme de son second mandat.

Le ministre togolais des Finances, Sani Yaya, qui assume à ce jour la présidence de l’Union monétaire ouest-africaine, a annoncé ce 18 août la nomination pour un mandat de six ans de Serge Ekué au poste de président de la banque ouest-africaine de développement, où il remplace Christian Adovelande. Cette nomination prendra effet le 28 août.

Si les deux hommes sont tous deux de nationalité béninoise – comme c’est le cas à la tête de l’institution depuis 1982, à l’exception de l’intérim du Malien Issa Coulibaly, de 2006 à 2008 -, leur parcours diffère : Christian Adovelande a effectué une grande partie de sa carrière au sein de l’institution ouest-africaine, avant d’être nommé à la tête de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC) en 2006. Appelé à la tête de la BOAD en 2011, il a été renouvelé à ce poste en 2014.

De son côté, Serge Ekué arrive du privé : ancien directeur des activités de financement et d’investissement pour Natixis à Londres, il a exercé diverses responsabilités au sein de la filiale de BPCE, à Paris et à Hong Kong, avant d’être appelé au poste de conseiller spécial du président de la BOAD, en mai dernier.

« Plutôt qu’une présidence tournante entre États, la BOAD a opté pour la nomination de managers expérimentés », décryptait, il y a quelques années, le consultant en stratégie Emmanuel Leroueil.

Une institution montée en puissance

Sous la présidence de Christian Adovelande, la BOAD – régulièrement citée en modèle de banque de développement ayant réussi en Afrique – est montée en puissance, passant de 278,8 milliards de F CFA  (425 millions d’euros) d’engagements en 2011 à 498,2 milliards de F CFA (760 millions d’euros) en 2019.

La plupart de ces engagements sont consentis sous forme de prêts directs destinés à financer de nouveaux projets d’investissement dans les infrastructures de transport et d’énergie, l’éducation, l’assainissement et l’aménagement urbain, le développement des économies locales et les principales filières agricoles de l’Union (cacao, coton, noix de cajou et arachide).

Pour permettre cette hausse des engagements, la banque de développement, dont le siège est à Lomé, a continué à se financer en partie auprès de ses partenaires traditionnels – la BAD, l’AFD, la KfW, la Banque mondiale, le Groupe de la BID, le Fonds d’Abou Dhabi et la BADEA – tout en négociant des accords avec de nouveaux partenaires (Fonds vert pour le climat, Banque de développement de la Biélorussie…). Surtout, sous l’impulsion de Christian Adovelande, l’institution – notée depuis 2015 « investment grade » par les agences Moody’s et Fitch – a effectué ses premières sorties sur les marchés internationaux.

Après une première émission d’euro-obligations en juin 2016, pour un montant de 750 millions de dollars, deux autres ont suivi, en août 2017 (850 millions de dollars) et octobre 2019 (830 millions de dollars).

Une fin de mandat compliquée

Durant les derniers mois de son mandat, l’ex-président a dû apporter une réponse à la pandémie de coronavirus, face à laquelle il a annoncé le 16 avril la mise en place d’une enveloppe globale de 196,6 milliards de F CFA pour soutenir les États membres, notamment via des prêts concessionnels bonifiés.

Outre ce délicat dossier, la fin de mandat du président sortant a été entachée par une fronde interne née de l’envoi à plusieurs organes de presse d’un courrier anonyme adressé aux administrateurs de l’établissement et signé par des « agents fort préoccupés », qui dénoncent notamment la prépondérance des Béninois dans le management de l’institution et évoquent des « violations dans les procédures d’appel d’offres ».

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