Politique

Guinée : les plans de Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré pour contrer Alpha Condé

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré en 2015, à Conakry.

Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré en 2015, à Conakry. © CELLOU BINANI / AFP

Alors qu’Alpha Condé ne s’est pas encore officiellement porté candidat à la présidentielle, l’opposition de Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré affine son plan de bataille.

Est-ce la fin de la stratégie du boycott au sein de l’Union des forces démocratiques et républicaines de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo ? Selon nos informations, à deux mois de l’élection présidentielle qui aura lieu le 18 octobre, les lignes ont en tout cas bougé au sein du parti.

Après avoir longtemps déclaré que l’UFDG n’irait pas aux élections si le président Alpha Condé se présentait, les cadres du parti affirment désormais souhaiter que Cellou Dalein Diallo s’aligne face au chef de l’État sortant – lequel n’a pas encore officiellement accepté la demande d’investiture de son propre parti.

Dalein Diallo en campagne dans la sous-région

Selon nos sources, l’UFDG se lancera dans la course au palais présidentiel à condition d’avoir toutes les garanties que les élections seront libres et transparentes et que le fichier électoral sera assaini d’ici le scrutin. Le parti devrait annoncer sa décision dès la semaine prochaine, après s’être réuni avec Dalein Diallo, dont il attend le retour à Conakry.

L’opposant guinéen a en effet quitté la Guinée à la fin du mois de juillet pour se rendre à Abidjan, où il a rendu visite à la veuve et à la mère de l’ancien Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, décédé le 8 juillet 2020. Il a ensuite pris la direction du Sénégal.

C’est depuis Dakar qu’il établit avec son équipe la nouvelle stratégie de sa formation politique. Selon nos sources, il voyage à travers la sous-région pour rencontrer, très discrètement, des opposants et des acteurs économiques à même de le soutenir politiquement et/ou financièrement.

Sidya Touré entre Abidjan et Paris

De son côté, le numéro deux de l’opposition, Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR), séjourne à l’heure actuelle en Côte d’Ivoire, à Abidjan, où ses enfants résident et où lui-même a longtemps vécu. Le 17 juillet, il a assisté aux obsèques d’Amadou Gon Coulibaly, duquel il était proche depuis les années 1990.

Selon nos informations, il s’est par ailleurs rendu début août à Paris pour un séjour de deux jours. Le patron de l’UFR en a profité pour rencontrer l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté,  membre du Front national pour la défense de la constitution (FNDC).

Sidya Touré n’a pour le moment pas annoncé officiellement sa candidature au scrutin du 18 octobre. Joint par Jeune Afrique, une source au sein de l’état-major de l’UFR nous affirme que la ligne du parti demeurait pour le moment celle du boycott en cas de candidature d’Alpha Condé.

Réunion des partis du FNDC

Parmi les opposants, seul Ousmane Kaba (Parti des démocrates pour l’espoir) a sauté le pas : il sera candidat quelle que soit la décision d’Alpha Condé.

Dans les autres formations du FNDC, l’incertitude demeure. Le 11 août, lors d’une réunion du Front, Sékou Koundouno, son responsable de la planification, a donc demandé aux membres de clarifier leurs positions.

En réponse, les partis ont décidé d’organiser une réunion dès la semaine prochaine, sans les membres de la société civile, pour discuter de la marche à suivre.

La Cedeao à pied d’œuvre

Une médiation internationale, placée sous l’égide de la Cedeao, de l’Union africaine (UA) et de l’ONU, a en outre débuté ce 14 août. Selon des documents obtenus par Jeune Afrique, elle se déroulera sous la forme d’une visioconférence animée par les ministres des Affaires étrangères du Niger, du Nigéria et du Burkina, Kalla Ankourao, Geoffrey Onyeama et Alpha Barry.

Ce comité doit s’entretenir avec des délégués de la mouvance présidentielle à 14 h 30, heure de Conakry, puis discuter avec l’opposition réunie au sein du FNDC le lendemain, samedi 15 août, dans la matinée. La médiation se conclura dans l’après-midi par une consultation de la Commission électorale nationale et indépendante (Ceni).

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