Politique

Mali : le processus de paix entravé par de hauts gradés de l’armée, selon un rapport confidentiel de l’ONU

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Mis à jour le 17 août 2020 à 11h26
Des soldats maliens dans le nord du pays, en  février 2017 (archives / Illustration).

Des soldats maliens dans le nord du pays, en février 2017 (archives / Illustration). © Pascal Guyot/AP/SIPA

Plusieurs hauts responsables maliens, dont l’ancien chef d’état-major Keba Sangaré, ont délibérément entravé la mise en œuvre des accords d’Alger. C’est ce que pointe un rapport d’experts de l’ONU, encore confidentiel, que Jeune Afrique a pu consulter.

Plus de cinq ans après sa signature, comment expliquer les lenteurs dans l’application de l’accord de paix d’Alger ? Pour la première fois, le groupe d’experts de l’ONU met directement en cause des responsables maliens, accusés d’avoir entravé la mise en œuvre de l’accord de paix signé entre le gouvernement malien, plusieurs groupes armés du nord et des milices pro-gouvernementales.

Le rapport, qui se concentre sur les principaux points d’achoppement entre ces signataires de l’accord, désigne également plusieurs personnalités comme étant responsables de faire obstacle à la paix. En août 2018, un précédent rapport avait déjà pointé du doigt plusieurs leaders de groupes armés, accusés de coopérer avec des groupes terroristes ou des trafiquants. Un an plus tard, en juillet 2019, plusieurs personnalités avaient été ciblées par des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Cette fois, le rapport des experts de l’ONU, transmis au Conseil de sécurité le 7 août et qui devrait être rendu public dans le courant de la semaine prochaine, cite nommément des responsables de la hiérarchie militaire et du renseignement. Une première. Dans leurs précédents rapports, les experts avaient en effet certes déjà évoqué des responsabilité du côté de Bamako, mais sans jamais citer de noms.

« Négligence et refus d’agir »

Ce rapport « décortique ce système assez sophistiqué de manipulation d’acteurs dans la mise en œuvre de l’accord », estime une source onusienne qui s’est confiée à Jeune Afrique. Selon lui, le gouvernement « ne peut pas parler de bonne foi si, intentionnellement, il met en œuvre des stratégies qui servent à mettre des bâtons dans les roues aux autres signataires. »

Le processus de paix a notamment été gravement perturbé, estiment les experts, par « un processus de prise de décision qui pose question, en particulier celui du brigadier-général Keba Sangaré », le chef d’état-major de l’armée de terre, mis en cause à plusieurs reprises et notamment accusé de « négligence et refus d’agir » par les experts.

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