Économie

Baba Danpullo : qui forme le premier cercle du magnat des affaires camerounais ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 15 septembre 2020 à 10h52
Baba Danpullo

Baba Danpullo © Nicolas Eyidi

Omniprésent dans le monde des affaires, des plantations de thé à la télévision en passant par l’immobilier, Baba Danpullo n’en reste pas moins très secret. Mais sur qui s’appuie-t-il ?

À 70 ans, Baba Ahmadou, dit Baba Danpullo (‘fils de Peul’), trône à la tête d’un empire principalement situé au Cameroun, en Afrique du Sud et au Nigeria, qui va de l’immobilier aux télécoms, en passant par l’agro-industrie et le transport aérien…

Le « roi du thé » cultive la discrétion : « L’argent, c’est comme les oiseaux. Ceux-ci s’envolent aussitôt qu’il y a du bruit », aime-t-il à dire. Ces dernières années, il n’a pourtant pu échapper aux projecteurs, à cause du bras de fer qui l’oppose aux Vietnamiens de Viettel Global pour le contrôle de leur filiale Nexttel – dans laquelle Danpullo possède 30 % des parts à travers sa société Bestinver Cameroun.

Au Cameroun, ce self-made-man, ancien camionneur, a en partie bâti sa fortune grâce à ses relations avec le pouvoir. Sa proximité avec le président Paul Biya, qu’il doit notamment à l’amitié qui le liait à l’ancienne première dame, Jeanne-Irène Biya, lui permet de conserver des liens étroits avec le parti au pouvoir – qu’il a la sagesse de financer – et, au-delà, avec une frange importante de l’élite politique, qui ne jure souvent que par lui.

Il cultive parallèlement son carnet d’adresses africain, dans lequel Macky Sall figure en bonne place. En 2017, le chef de l’État sénégélais l’avait d’ailleurs invité au palais présidentiel, à Dakar, avant de le convaincre de rendre une visite de courtoisie à José Mario Vaz, son homologue bissau-guinéen.

Voici donc les personnalités incontournables sur lesquelles s’appuie le magnat des affaires :

  • Housseini Baba Danpullo
Housseni Baba Danpullo

Housseni Baba Danpullo © Fernand Kuissu

Il est le fils le plus en vue de Baba Danpullo, qui a eu une dizaine d’enfants. Consul honoraire du Vietnam à Douala, il est chargé du suivi des relations de Nexttel, détenteur de la troisième licence de téléphonie mobile au Cameroun avec le groupe asiatique Viettel, son partenaire technique. Il est dans le même temps parvenu à s’imposer comme le bras-droit de son père au sein de Baba Ahmadou Group, la holding familiale. Cela lui permet, au-delà de sa présence au sein de la direction de Nexttell, d’avoir un œil sur l’ensemble des activités. Il se positionne aujourd’hui comme le potentiel successeur de son père.

  • Maimounia Baba Danpullo

La fille du magnat des affaires, qui est aussi une de ses conseillères, est actionnaire dans la majorité de ses entreprises, de Nexttel à Bestinver, sa société d’investissements active en Afrique du Sud, en passant par le groupe familial Baba Ahmadou Group. Formée à la communication en Suisse au tournant des années 2000, Maimounia Baba Danpullo voyage entre le Sénégal, le Nigeria, le Cameroun et l’Afrique du Sud, où elle est à la tête de Lantana Consulting, un cabinet de conseil pour les investisseurs sur le continent africain.

  • Dagobert Boumal
Dagobert Bouma

Dagobert Bouma © Fernand Kuissu

Depuis près de deux décennies il est le principal lieutenant de Danpullo. Il dirige la Cameroon Tea Estate, l’une des deux entités de production du thé de son groupe, mais son rayon d’action va bien au-delà. C’est en réalité à ce diplômé de l’université Senghor d’Alexandrie, en Égypte, que l’homme d’affaires confie les missions les plus difficiles.

  • André Jules Kenmy Tchatchoua
André Jules Kenmy Tchatchoua

André Jules Kenmy Tchatchoua © Fernand Kuissu

Ce Bamiléké de 62 ans, originaire de Bangangté, dans la région de l’Ouest, est l’un des hommes de confiance de Danpullo. Ancien numéro deux de la Cameroon Tea Estate et actuel administrateur de Nexttel, il a été nommé le 25 juin directeur général de Best Pay, le système de services de paiement récemment créé par l’homme d’affaires.

  • Haman Oumar

Nommé en 2010 secrétaire général du ministère du Commerce, cet administrateur civil avait annoncé en 2014, à la surprise générale, quitter la fonction publique pour devenir directeur général adjoint de Nexttel. Il en est aujourd’hui le directeur général, après avoir remplacé en mars le Français Jean-Marie Olicard. Ce dernier avait lui-même succédé à Moise Bayi, par ailleurs frère cadet de Dagobert Boumal. Bayi, qui affirmait recevoir au moins une dizaine d’appels par jour de Danpullo, a préféré quitté le premier cercle du milliardaire pour se mettre à son propre compte.

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