Hôtellerie

Bénin/Yérim Sow : bras de fer autour du Noom de Cotonou

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 24 août 2020 à 14h49
Maquette du Noom Hotel de Cotonou.

Maquette du Noom Hotel de Cotonou. © Mangalis

Expulsé du terrain où la construction de son hôtel accusait du retard, l’entrepreneur ivoiro-sénégalais a lancé une procédure d’arbitrage international.

Initialement annoncé pour novembre 2014, puis repoussé à diverses reprises – la dernière avançant la date de fin 2020 -, l’hôtel Noom de Cotonou pourrait bien ne jamais voir le jour. Le groupe Teyliom, présidé par l’Ivoiro-Sénégalais Yérim Sow, a vu son bail résilié, le 18 février dernier, par les autorités béninoises, qui ont fait procéder à l’expulsion du site.

« Le génie militaire est intervenu pour en fermer les accès, et depuis la fin juin, des agents procèdent au démontage du chantier », explique une source proche de Teyliom, selon laquelle l’édifice, censé compter 121 chambres et suites 5 étoiles de luxe, des installations de conférence et de réunion, était presque terminé.

Un « retard inacceptable »

Du côté de Teyliom, on attend donc des compensations, alors que le coût du chantier, initialement annoncé à un peu plus de 10 milliards de F CFA (15 millions d’euros), aurait en effet dépassé les 30 millions d’euros, auxquels « s’ajoutent le manque à gagner résultant de la destruction de l’hôtel et l’impact sur la vision stratégique du groupe, qui se positionnait comme une chaîne régionale », poursuit notre interlocuteur.

« Le Bénin a certes le droit de changer d’avis, mais dans ce cas il faut dédommager l’autre partie de manière juste et équitable, comme l’ordonne la Constitution »,  assure l’entourage de l’entrepreneur ivoire-sénégalais.

De son côté, Cotonou juge le retard « inacceptable » et pointe « l’incapacité de l’entreprise à respecter son engagement contractuel », conclu en 2012, sous Boni Yayi, de boucler la construction d’un complexe hôtelier « de standing international » en trente mois.

Négociations infructueuses

« Les délais contractuels sont arrivés une première fois à échéance en mars 2016. Le gouvernement béninois (…) a accordé une prorogation de vingt-quatre mois au groupe Teyliom, (…) puis une autre rallonge de six mois, portant au 26 novembre 2018 la fin projetée des travaux », indique ainsi une source béninoise proche du dossier.

« L’État béninois était prêt à procéder à un accompagnement financier en cas de retrait volontaire », assure-t-on du côté de Cotonou. Mais les deux camps n’ont pu trouver de terrain d’entente.

Des sources béninoises indiquent en outre que l’opérateur, qui devait, suivant les termes de son contrat, verser à l’État une redevance annuelle de 3,8 millions de francs CFA (5 800 euros), ne s’est acquitté de ce paiement qu’une seule fois, et n’a plus honoré ses obligations fiscales depuis 2014, alors même qu’il s’est vu octroyer « divers avantages fiscaux et douaniers dans le but de limiter des coûts de réalisation des travaux ».

Trois mois pour désigner les arbitres

Débouté par le tribunal de commerce local – en première instance et en appel -, et après avoir tenté une médiation via les équipes du président sénégalais, Macky Sall, Yérim Sow a finalement porté sa cause devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) où il a déposée une demande d’arbitrage contre la République du Bénin, validée le 27 juillet.

Les deux parties ont désormais trois mois pour s’entendre sur le nom des arbitres qui devront trancher le litige. Le groupe Teyliom se fait accompagner dans la procédure par le cabinet CMS Francis Lefebvre Avocats et l’avocat au barreau de Paris, Daniel Müller. De son côté, la République du Bénin n’a pas encore fait connaître les avocats qui plaideront sa cause. Mais, selon nos informations, deux avocats béninois ont été retenus.

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