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Bourse : Jumia sort le chéquier pour calmer Wall Street

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Mis à jour le 13 août 2020 à 10h22
Introduction en bourse de Jumia, à New York, le 12 avril 2019.

Introduction en bourse de Jumia, à New York, le 12 avril 2019. © NYSE

Plutôt qu’un long combat judiciaire, le groupe de e-commerce a opté pour une solution négociée avec ses détracteurs.

Aux États-Unis, la quête de l’indemnisation financière est parfois plus importante que celle de la vérité. Preuve en est le règlement des recours collectifs opposant depuis mai 2019 plusieurs groupes d’acheteurs à la plateforme de e-commerce Jumia.

Accusés par les plaignants de « déclarations et omissions fausses et trompeuses » lors des déclarations de résultats fournies préalablement et à la suite de la cotation de la société au New York Stock Exchange (NYSE), ses dirigeants ont indiqué lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre de 2020 avoir soldé le contentieux en acceptant de verser cinq millions de dollars d’indemnités, soit 3,6 millions d’euros, aux plaignants.

5 millions de dollars versés fin 2020

« Le 11 août 2020, nous sommes parvenus à un accord pour résoudre l’ensemble des actions, sous réserve des conditions habituelles, notamment l’approbation des tribunaux [les plaintes ont été déposées auprès de la Cour de district des États-Unis pour le district sud de New York ainsi qu’à la Cour suprême du comté de New York, Ndlr]. Dans le cadre de cet accord, dans lequel les défendeurs n’admettent aucune responsabilité ou acte répréhensible, Jumia effectuera un paiement de cinq millions de dollars, dont un million sera financé par une couverture d’assurance », indique un communiqué publié par Jumia. La somme totale devrait être versée à la fin de l’année 2020.

La décision de Jumia était prévisible si l’on se réfère à une communication que l’entreprise a faite en mars 2019 à la SEC, le régulateur financier américain : « Si l’un de nos actionnaires intente un procès contre nous, nous pourrions devoir engager des frais de défense considérables. Un tel procès pourrait également détourner le temps et l’attention de notre direction de nos activités, ce qui pourrait nuire considérablement à notre rentabilité et à notre réputation. »

Faire oublier les soupçons

En réglant le litige par la signature d’un chèque conséquent, l’entreprise qui revendique désormais 6,4 millions de clients actifs évite donc de s’embourber dans une affaire qui pourrait porter préjudice à son image ainsi qu’à la perception de son titre par les investisseurs. Au passage, elle élude les soupçons de fraudes qui lui collent à la peau depuis les attaques lancées en mai 2019 par le spécialiste controversé de la vente à découvert et fondateur de Citron Research, Andrew Left.

Depuis quelques mois l’action de Jumia a retrouvé des couleurs à Wall Street. Celle-ci s’échangeait aux alentours de 12 dollars le 12 août, date de l’annonce des résultats pour la mi-2020.

Par ailleurs, les prédictions des analystes tablant sur de bons résultats pour la période se sont avérées juste. Si l’entreprise dirigée par les Français Sacha Poignonnec et Jérémy Hodara a réalisé une moins bonne performance sur son chiffre d’affaires (près de 35 millions d’euros au deuxième trimestre 2020 contre près de 39 millions à la même période l’an passé) elle a néanmoins réduit ses pertes opérationnelles de plus de 43 % sur la période (37,6 millions de dollars). Sa marge brute se porte également mieux puisqu’entre le 1er janvier et le 30 juin 2020, cette dernière a progressé de près de 30 % à 41,7 millions de dollars contre 32,1 millions d’euros en 2019.

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