Santé

Coronavirus : le marocain Lamatem dope sa production de textile médical

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Mis à jour le 21 août 2020 à 17h55
Inauguration à Berrechid de Lamatem.

Inauguration à Berrechid de Lamatem. © Zidi Boujemma/MAP

La tout nouvelle unité du groupe marocain Novatis – lancée en octobre 2019 – s’est avérée providentielle en période de pandémie. Tour d’usine.

Chaussons de protection, charlotte, blouse… Il faut montrer patte blanche pour accéder à la chaîne de production de Lamatem. Un hangar ultra-protégé de 6000 m2, surnommée « salle blanche », où des centaines d’ouvrières sont devant leurs machines à coudre pour confectionner toutes sortes d’équipements de protection individuelle (EPI). Aujourd’hui, deux îlots sont mobilisés pour une commande de l’administration pénitentiaire du royaume. « Nous devons livrer 150 000 à 200 000 combinaisons de protection intégrale avec leurs cagoules », nous confie Ali Badaa, directeur général de Lamatem.

Avec la pandémie, notre production est d’abord devenue exclusivement dédiée au marché local

Depuis avril dernier, la dernière-née des filiales du groupe Novatis, connu pour sa marque phare de couche Dalaa, livre l’État marocain en textile médical. Cette structure installée à Berrechid (30 km au sud de Casablanca) lancée en octobre 2019 s’est avérée providentielle en cette période de pandémie. « La création de cette société est un cheminement normal du développement de notre groupe, fort d’une grande expertise dans les produits d’hygiène quotidien comme les couches », nous explique Ali Badaa.

Un investissement de 110 millions de dirhams a été injecté dans cette structure qui a eu comme premier client le groupe suédois MHC, leader européen du dispositif médical. « Au début de l’année, nous avons commencé à développer nos propres marques destinées au marché local qui représentait à peine 10 % de notre volume d’activité », raconte Houda Oukhouya, responsable marketing de Lamatem.

Avec le déclenchement de la crise, la société s’est donc retrouvée en pole-position pour fournir au marché local les différents équipements de protection, jusque-là totalement importés. « Notre production est d’abord devenue exclusivement dédiée au marché local, nous explique le staff de la société. Nos clients à l’export ont été très compréhensifs quant à notre décision de rendre le marché local prioritaire. De toute manière, les exportations ont été suspendues suite à la fermeture des frontières ».

Capacités doublées

Pour gérer une demande exceptionnelle imposée par la conjoncture, Lamatem a dû adapter son régime de production. « Nous avons non seulement doublé notre capacité, mais il a fallu aussi répondre à différentes commandes en même temps. Les plannings de production étaient gérés au jour le jour pour essayer de satisfaire tous les clients progressivement », souligne le directeur général.

La précieuse contribution apportée par Lamatem dans la lutte menée par le royaume dans la lutte contre le coronavirus a permis à l’entreprise d’acquérir ses titres de noblesse et de s’offrir de nouvelles opportunités d’affaires. « Nous avons été contactés par de nombreux clients à l’étranger, des Français, des Italiens, des Suisses et des Allemands qui sont aujourd’hui nos nouveaux clients », nous explique Ali Badaa.

Quant au marché africain, il reste encore à faire pour s’y installer. « Nos produits ont fait partie des cargaisons que le roi Mohammed VI a envoyé vers quinze pays du continent, mais jusque-là, nous n’avons pas encore été contactés par d’éventuels partenaires ». En attendant, la salle blanche de Lamatem continue de tourner à une cadence élevée, même si elle a relativement diminué comparativement aux premiers mois. Ses clients européens se préparent pour une deuxième vague du Coronavirus à laquelle reste exposé le vieux continent. Les exportations ont repris, mais le marché local n’est pas en reste puisqu’il pèse désormais pour un tiers du volume de production de la société.

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