Société

Maroc-UE : une fermeture des frontières, vraiment ? 

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Mis à jour le 12 août 2020 à 17:16

À l’aéroport international Mohammed V de Casablanca, au Maroc. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

L’Europe a annoncé qu’elle avait retiré le Maroc de la liste des pays exemptés de restrictions de voyage. Une décision qui suscite bien des inquiétudes. JA en a analysé le véritable impact.

Angoisses et maux de tête. Voilà les effets provoqués par chaque nouvelle dépêche concernant les liaisons aériennes et l’ouverture partielle des frontières entre le Maroc et l’Union européenne (UE). Dernière en date : l’information, tombée vendredi 7 août, selon laquelle l’UE a retiré le Maroc de la liste des pays exemptés de restrictions de voyage à cause de l’explosion du nombre de contaminations au Covid-19 dans le royaume. Fin juillet déjà, le pays avait fait l’objet d’une surveillance accrue en raison de sa situation épidémiologique inquiétante. Et l’Algérie, sa voisine, avait elle aussi été rayée de ladite liste.

Rire nerveux

La (mauvaise) nouvelle, tombée au cours d’un week-end de torpeur, a remis sur la table cette question que tout le monde se pose depuis l’ouverture partielle des frontières du pays, le 15 juillet dernier : qui peut encore partir, et qui ne peut pas ? Une question devenue un running-gag et qui provoque un rire nerveux chez les autorités, même les mieux informées, qui n’ont pas vraiment de réponse tant la situation est changeante et dépend de nombreux pays.

C’est un communiqué de la Royal Air Maroc (RAM), publié le 10 août, qui a enfin apporté la lumière tant attendue : « Notre programme de vols spéciaux se poursuivra jusqu’au 10 septembre 2020. » Autrement dit : les nouvelles restrictions imposées par l’UE n’ont aucun impact.

Un quasi statu-quo

La situation est exactement la même que depuis le 15 juillet. Cela signifie que les Marocains résidant à l’étranger (MRE) et leurs familles, mais aussi les résidents étrangers (et leurs familles également) au Maroc, les binationaux et les étrangers peuvent toujours se rendre en Europe. D’autant plus que la liste de l’UE est non contraignante. Chaque pays de l’espace Schengen peut donc choisir de la respecter ou pas.

Les étudiants marocains à l’étranger et les personnes qui doivent se soigner en Europe peuvent également bénéficier des vols spéciaux, exclusivement affrétés par la RAM et Air Arabia – deux compagnies qui s’étaient vu imposer des restrictions par la France entre le 3 et le 10 août, avant que celles-ci ne soient annulées.

Même les étudiants inscrits pour la première fois dans un établissement européen pourront se rendre sur le Vieux Continent. C’est le cas de Sofia, 21 ans, qui va entamer sa première année d’université à Varsovie : « J’ai un peu paniqué au début, puis j’ai vu que même les étudiants nouvellement inscrits pouvaient voyager en Europe. En Pologne, je ne suis pas obligée d’être munie d’un test sérologique ou PCR [amplification en chaîne par polymérase], mais comme j’ai une escale dans un pays européen tiers, je vais tout de même les réaliser en amont », témoigne-t-elle.

Difficile en revanche de savoir si les transporteurs de marchandises ou les hommes d’affaires, jusqu’à maintenant autorisés à se rendre en Europe sous certaines conditions, continueront à bénéficier des vols spéciaux affrétés par le Maroc. Plusieurs sources bien informées estiment qu’ils le pourront à condition de disposer d’un test négatif au Covid-19. En attendant, les frontières du Maroc, elles, restent fermées aux touristes étrangers au moins jusqu’au 10 septembre.