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Niger : après l’attaque, l’état d’urgence élargi à Kouré

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Mis à jour le 11 août 2020 à 09:52

Un officiel du ministère de l’Environnement discute avec un agriculteur près de Kouré, où huit personnes ont été tuées par des hommes armés le 9 août 2020 (photo d’illustration). © Rebecca Blackwell/AP/Sipa

Les autorités nigériennes ont décidé lundi de « l’élargissement de l’état d’urgence » à la localité de Kouré, au sud-ouest du Niger, théâtre de l’attaque qui a tué dimanche huit personnes, dont six humanitaires français.

L’état d’urgence accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité, dont celui « d’ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit », selon les autorités nigériennes.

Cet élargissement a été décidé à l’issue d’un Conseil national de sécurité (CNS) « extraordinaire » présidé au lendemain de l’attaque par le président nigérien Mahamadou Issoufou, selon la télévision publique.

Le conseil a décidé de « l’élargissement de l’état d’urgence » à deux préfectures qui n’étaient pas jusqu’ici concernées par cette mesure imposée il y a trois ans à la région de Tillabéri. Cette vaste zone riveraine des « trois frontières » entre Niger, Burkina Faso et Mali est devenue l’un des repaires des groupes jihadistes sahéliens, dont l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

Attaque « terroriste »

Parmi ces préfectures figure celle de Kollo, qui administre la localité de Kouré, une zone très boisée où vivent les dernières girafes d’Afrique de l’Ouest, à 70 km de Niamey. L’état d’urgence est déjà en vigueur dans la région de Diffa (sud-est), proche du Nigeria et théâtre d’attaques récurrentes de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), issu d’une scission de Boko Haram.

Le conseil a également annoncé la « suspension » à l’accès au site des girafes pour que « les investigations qui se déroulent actuellement se poursuivent en toute sérénité », a expliqué le ministre nigérien de l’Intérieur, Alkache Alhada à la télévision.

Les six Français, leur guide et leur chauffeur, dont la plupart sont des employés de l’ONG Acted, ont été abattus par des hommes armées à motos lors d’une excursion touristique dans la localité de Kouré. L’attaque, dénoncée comme « terroriste » par Niamey et Paris, est la première ayant visé des Français dans ce secteur.