Politique

Tunisie : comment Rached Ghannouchi a conservé la présidence de l’Assemblée

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Rached Ghannouchi, président de l’Assemblée des Représentants du peuple, dans son bureau, le 21 février 2020

Rached Ghannouchi, président de l'Assemblée des Représentants du peuple, dans son bureau, le 21 février 2020 © Nicolas Fauqué

Face à la fronde au sein de l’ARP, Rached Ghannouchi a dû composer pour conserver le perchoir, notamment avec Nabil Karoui et son parti Qalb Tounes.

Rached Ghannouchi l’a échappé belle. Alors qu’il faisait face à une opposition (notamment formée par les anti-islamistes du Parti destourien libre, PDL) décidée à l’évincer au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, le patron d’Ennahdha est parvenu à y conserver son poste de président. Le retrait de confiance dont il était menacé a été officiellement enterré le 30 juillet.

Selon nos informations, cela n’aura pas été sans quelques concessions. À la manœuvre : Nabil Karoui, fondateur et président de Qalb Tounes, a joué un rôle pour désamorcer la crise.

Figure politique-clé de ces dernières années, il avait déjà organisé en août 2013 une rencontre de conciliation entre Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, leader de Nidaa Tounes.

Il souhaite aujourd’hui préserver la représentativité des partis sous la coupole du Bardo et éviter d’aller vers des élections anticipées. À défaut d’obtenir une représentativité dans le futur gouvernement d’Hichem Mechichi, il entend faire respecter les résultats des urnes à l’ARP, raison pour laquelle il était favorable au maintien en poste de Ghannouchi. Les 13 députés de son parti se sont d’ailleurs abstenus lors du vote de défiance du 30 juillet.

Pas de retrait, mais une démission

L’accord conclu en coulisses entre Ennahdha et Qalb Tounes prévoyait initialement un retrait du leader du parti islamiste à l’occasion de la prochaine rentrée parlementaire, en octobre. Mais Ghannouchi serait en réalité bien décidé à se maintenir en poste, au moins jusqu’au congrès de son parti, qui doit avoir lieu en décembre et où le « cheikh » veut se montrer en position favorable.

Redevable à Nabil Karoui, le leader d’Ennahdha aurait cependant opté pour une autre concession : se séparer d’Habib Kheder, son neveu et directeur de cabinet, très critiqué par ses détracteurs. L’intéressé, qui a démissionné et dont l’intérim est assuré par le chargé de mission Ahmed Mechergui, pourrait être remplacé par une personnalité issue du Qalb Tounes de Karoui.

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