Politique

Côte d’Ivoire : pourquoi Mabri Toikeusse a rompu avec Ouattara

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 04 août 2020 à 22h30
Albert Mabri Toikeusse est candidat à la présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire.

Albert Mabri Toikeusse est candidat à la présidentielle d'octobre en Côte d'Ivoire. © Issam Zejly / Truthbird pour JA

Le 2 août, le bureau politique de l’UDPCI a annoncé son retrait du RHDP, le parti unifié, avant d’officialiser la candidature de son patron, Albert Mabri Toikeusse, à la présidentielle d’octobre. Voici les dessous de cette décision.

Selon nos informations, Albert Mabri Toikeusse a envoyé, ces dernières semaines, plusieurs émissaires auprès d’Alassane Ouattara (ADO). Le chef de l’État le pressait de dissoudre son parti, l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) et de rallier la candidature d’Amadou Gon Coulibaly, avant le décès de ce dernier, le 8 juillet. Mais Mabri Toikeusse a estimé ne pas avoir eu de propositions concrètes en échange.

Candidature rejetée

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur a demandé à ce qu’on lui laisse le temps de consulter sa base avant de prendre une décision. Il a également suggéré à ADO de le laisser se présenter à l’élection présidentielle prévue le 31 octobre, s’engageant à soutenir le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti unifié, au second tour.

Mais Alassane Ouattara, avec qui il s’est directement entretenu pour la dernière fois le 7 mai, a refusé cette option.

Entre les deux hommes, la crise était latente. Le 12 mars, lorsque Amadou Gon Coulibaly (AGC) avait été désigné candidat à la présidentielle par le conseil politique du RHDP, Mabri Toikeusse avait immédiatement affiché son désaccord. Il avait refusé de se lever pour l’applaudir et ce, en présence d’Alassane Ouattara.

Une attitude très mal perçue par le chef de l’État, auprès duquel l’ex-ministre s’était ensuite expliqué par courriel. Des négociations s’étaient alors poursuivies avec AGC, mais elles n’avaient pas abouti. Les deux hommes devaient d’ailleurs se revoir au retour du Premier ministre à Abidjan.

« Sous pression et humilié »

Depuis plusieurs mois, Albert Mabri Toikeusse se sentait sous pression et humilié malgré sa proximité avec le ministre de la Défense Hamed Bakayoko, qui a succédé à Gon Coulibaly à la tête du gouvernement le 30 juillet.

Dans son bastion du Tonkpi, dans l’ouest du pays, il devait faire face à une fronde menée par plusieurs membres du bureau de l’UDPCI, dont son bras droit, Albert Flindé. Début avril, il avait d’ailleurs limogé ce dernier de ses fonctions de vice-président du parti.

Mais le 13 mai, Mabri Toikeusse a été débarqué du gouvernement tandis qu’Albert Flindé y a fait son entrée en tant que ministre de l’Intégration africaine.

Puis, toujours, en mai, il a été limogé de son poste de deuxième vice-président du RHDP sur ordre du directeur exécutif, Adama Bictogo. Trois de ses proches ont également été mis à la porte du directoire de la formation.

Enfin, Albert Mabri Toikeusse n’a pas été convié aux obsèques d’Amadou Gon Coulibaly mi-juillet, malgré ses démarches en ce sens. Ses coups de fils et courriels envoyés au chef de l’État Alassane Ouattara sont restés sans suite.

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