Diplomatie

Enquête sur les coulisses d’une « guerre » au sommet de la Cemac

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Mis à jour le 09 août 2020 à 18h06
Drapeaux des pays membres de la Cemac, au siège de l'institution à Bangui.

Drapeaux des pays membres de la Cemac, au siège de l'institution à Bangui. © Vincent Fournier/JA

Idriss Déby Itno en chef d’État impatient, Paul Biya en arbitre, Daniel Ona Ondo en président sur la sellette et Fatima Haram Acyl en vice-présidente en guerre. La Cemac traverse une nouvelle tempête, où les règlements de compte succèdent aux accusations de malversations.

Sur la traditionnelle « photo de famille » du sommet de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui se tenait les 21 et 22 novembre 2019 à Yaoundé, seule Chantal Biya et sa chevelure flamboyante attirent véritablement les regards. À son côté, son époux, Paul Biya, paraît satisfait, tout comme ses pairs équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, centrafricain Faustin-Archange Touadéra, congolais Denis Sassou Nguesso et tchadien Idriss Déby Itno. Le Gabonais Ali Bongo Ondimba (ABO), diminué par les conséquences d’un accident vasculaire cérébral subi un an auparavant, est quant à lui absent, représenté par son Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale.

Un sujet accapare les esprits : le franc CFA. À la suite de leurs alter ego d’Afrique de l’Ouest, les six dirigeants des pays membres de la Cemac se sont résolus à examiner « la coopération monétaire avec la France » et ont « décidé d’engager une réflexion approfondie sur les conditions et le cadre d’une nouvelle coopération », explique le communiqué final.

Pourtant, sur les marches du palais de l’Unité de Yaoundé, d’autres pensées agitent les esprits : quelques heures plus tôt, lors d’un huis clos tendu entre les chefs d’État et de gouvernement, la Cemac a bien failli perdre la tête.

« Népotisme »…

Le président de la commission, le Gabonais Daniel Ona Ondo, est en effet en première ligne. Au fil des réunions préparatoires et des apartés dans les salons feutrés de l’hôtel Hilton de la capitale camerounaise, ses détracteurs n’ont eu de cesse d’accuser l’ancien Premier ministre d’ABO de népotisme et de mauvaise gouvernance. « Quelques mois seulement après sa prise de fonction, il a recruté sans respect des procédures (…) particulièrement les membres de sa famille : sa fille, ses neveux, son oncle, sa tante », décrit ainsi un haut cadre de la commission. « Ona Ondo ne fonctionne qu’avec ses parents », résume-t-il.

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