Transports

En échec à Douala et Abidjan, Heetch garde le cap sur l’Afrique

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Après avoir levée plus de 35 millions d'euros en 2019, la start-up française doit prendre son mal en patience pour poursuivre son développement.

Après avoir levée plus de 35 millions d'euros en 2019, la start-up française doit prendre son mal en patience pour poursuivre son développement. © Heetch

La start-up française de VTC attend la réouverture des frontières pour lancer deux nouveaux marchés subsahariens.

Teddy Pellerin trépigne d’impatience. Le cofondateur de l’application française de chauffeurs déjà présente au Maroc et en Algérie est prêt à lancer deux nouveaux marchés en Afrique subsaharienne. S’il ne dévoile pas le nom des pays choisis – un lancement au Sénégal était néanmoins prévu pour fin 2019 -, cet ingénieur électrique assure que les partenaires sont prêts et que les coentreprises sont créées. Ne reste plus pour lui qu’à se rendre sur place pour les derniers réglages.

Mais les frontières demeurent fermées à cause de la crise sanitaire, et l’entrepreneur doit se résigner : « Nous avons tout essayé, même de négocier avec les ambassades mais rien n’y fait, nous devons attendre, c’est comme ça », regrette-t-il.

Pas de motos à Abidjan, Covid à Douala

L’envie se fait pourtant sentir, pour celui qui fin 2019 voyageait à la rencontre du ministre ivoirien des Transports, Amadou Koné, afin d’obtenir son autorisation à lancer un nouveau service de moto-taxis dans les rues d’Abidjan. Las, « nous nous sommes rendu compte qu’au-delà de l’aspect sécuritaire, il y avait un enjeu d’image. Les autorités étaient partantes, mais à condition que nous nous lancions avec des motos électriques, ce qui est trop compliqué », observe ce diplômé de Centrale Supélec.

Pour se consoler, la plateforme qui revendique 4 000 chauffeurs au Maroc (répartis entre Casablanca, Rabat et Marrakech) et 5 000 à Alger a tenté de mettre les bouchées doubles à Douala, où le service a été lancé en septembre 2019. Mais des difficultés liées à la quête de compétitivité ainsi qu’à son choix de tenter l’aventure seul plutôt qu’en joint-venture comme au Maghreb ont freiné sa pénétration. Sept mois plus tard, les restrictions relatives à la pandémie ont eu raison du service.

Des liquidités pour anticiper l’avenir

Le dirigeant de 35 ans reste néanmoins optimiste : « La période du Covid-19 a été extrêmement dure mais nous a aussi permis de fidéliser nos chauffeurs, qui ont continué à travailler parce qu’ils sont perçus comme fiables et respectueux des consignes sanitaires par nos clients », explique Teddy Pellerin.

Son entreprise a aussi de quoi voir venir, puisqu’elle a bouclé un deuxième tour de table de 34 millions d’euros en mai 2019 auprès de ses investisseurs historiques (Cathay Innovation, Total Carbon Neutrality Ventures), complété de 3,6 millions d’euros en novembre par le tunisien AfricInvest, devenu son facilitateur de business et sa principale source d’informations stratégiques concernant ses marchés cibles.

Fort de ce confortable pécule, la start-up qui prélève 15 % de commission sur chaque cours et emploie 15 personnes au Maroc et 10 à Alger espère pouvoir atteindre la rentabilité d’ici à 2021 au global et à la fin de 2021 pour ses antennes maghrébines. Toujours sous la houlette de Patrick Pedersen, directeur général Afrique, Heetch espère même pouvoir investir de nouveaux pays.

Ses cibles : des pays francophones où il est possible de trouver un « environnement réglementaire simple », un directeur général local et une « entreprise partenaire moyenne (entre 50 et 500 collaborateurs) qui connaît le monde des affaires et dispose d’une bonne vision de l’environnement politique sans y être trop impliquée ».

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