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Mohammed VI : ce qu’il faut retenir du discours du Trône

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Le roi Mohammed VI a adressé un discours à la Nation à l'occasion du 21e anniversaire de son accession au Trône. Tétouan, le 27 juillet.

Le roi Mohammed VI a adressé un discours à la Nation à l'occasion du 21e anniversaire de son accession au Trône. Tétouan, le 27 juillet. © MAP

Le roi a rendu hommage aux Marocains mobilisés face à la pandémie tout en annonçant d’importantes mesures économiques et sociales. JA livre les grandes lignes de son allocution.

Très attendu, le discours de Mohammed VI à l’occasion de la fête du Trône (30 juillet) a été un hymne à l’action en même temps qu’un geste de reconnaissance. Alors que le royaume poursuit son combat contre la propagation du Covid-19, le souverain n’a pas manqué de relever la complexité du contexte, qui a imposé l’adoption d’une « combinaison de résolutions difficiles, voire rudes parfois ».

Citation royale

Mohammed VI a exprimé sa considération à tous ceux qui étaient en première ligne dans la lutte contre la pandémie. Personnels de santé civils et militaires, Forces armées royales, Gendarmerie royale, agents et auxiliaires d’autorité, Sûreté nationale, Forces auxiliaires, Protection civile, travailleurs impliqués dans la production et la distribution des denrées alimentaires… Tous ont eu droit à une citation royale. « C’est pour moi un sujet particulier de fierté de constater comment l’ensemble des Marocains et les forces vives de la Nation ont traversé cette conjoncture en manifestant un tel niveau de prise de conscience, de discipline et de réactivité positive, chacun remplissant avec sérieux et responsabilité le rôle qui lui incombe », a souligné le souverain.

120 milliards de dirhams injectés dans l’économie nationale

Pour atténuer les répercussions de cette crise sur les plans économique et social, Mohammed VI a annoncé d’importantes mesures. Il s’agit d’abord d’un plan ambitieux de relance économique à travers la création d’un fonds d’investissement stratégique afin d’appuyer les activités de production, d’accompagner et de financer de grands projets d’investissement public-privé. « Environ 120 milliards de dirhams seront injectés dans l’économie nationale, soit l’équivalent de 11 % du PIB. Ce taux inscrit le Maroc parmi les pays les plus audacieux en matière de politique de relance économique post-crise », a annoncé le souverain, qui a précisé qu’en plus de la participation de l’État, « ce fonds devra compter sur la coordination et la rationalisation des différents fonds de financement ».

Il appelle par ailleurs à la mobilisation de tous les moyens disponibles en matière de financements, de dispositifs d’incitation et de mesures de solidarité, en vue d’accompagner les entreprises, essentiellement les petites et les moyennes, qui constituent le maillon central du tissu économique. En parallèle, une profonde réforme du secteur public devra être engagée pour corriger les dysfonctionnements structurels des établissements et des entreprises publiques, garantir une complémentarité et une cohérence optimales entre leurs missions respectives et rehausser leur efficience économique et sociale. À cette fin, le souverain a donné ses instructions pour la création d’une Agence nationale « dont la mission consistera à assurer la gestion stratégique des participations de l’État et à suivre la performance des établissements publics ».

Une couverture sociale pour tous

Dans un autre registre, Mohammed VI a souligné que cette crise avait mis en évidence un certain nombre d’insuffisances, en particulier dans le domaine social : dépendance de certains secteurs aux aléas extérieurs, taille du secteur informel et faiblesse des réseaux de protection sociale, notamment à l’égard des franges de la population en situation de grande précarité. Pour rectifier le tir, il a ordonné la généralisation de la couverture sociale à l’ensemble des Marocains au cours des cinq prochaines années. « Nous appelons le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, à parachever l’élaboration d’une vision pragmatique globale, a appelé le souverain. Celle-ci devra inclure le planning, le cadre légal ainsi que les options de financement » pour parvenir à cette généralisation de la couverture sociale. Cette dernière doit devenir un levier essentiel d’insertion du secteur informel dans le tissu économique.

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