Politique

Pourquoi Alassane Ouattara maintient le suspense malgré les sollicitations du RHDP

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Mis à jour le 30 juillet 2020 à 17h58
Des militants du RHDP, lors du meeting du 29 juillet 2020 à Abidjan.

Des militants du RHDP, lors du meeting du 29 juillet 2020 à Abidjan. © REUTERS/Luc Gnago

Devant les cadres et 2000 militants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui le pressaient d’être candidat à un troisième mandat, le chef de l’État ivoirien a déclaré qu’il s’exprimerait prochainement sur une éventuelle candidature.

Il faudra encore patienter pour connaître la position d’Alassane Ouattara. Réunis mercredi 29 juillet au Palais des Congrès de l’hôtel Sofitel-Ivoire, à Abidjan, les cadres et militants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) ont entériné leur choix de faire du chef de l’État leur candidat pour l’élection présidentielle prévue fin octobre. Encore marqué par le décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, l’intéressé a préféré réserver sa réponse.

« Avec beaucoup d’attachement et d’affection à Amadou, à mon fils, je prends acte des résolutions du conseil politique et de votre demande. Je vous demande de continuer à avoir une pensée pour Amadou Gon Coulibaly et de me laisser le temps du recueillement et de la récupération, avant de vous donner une réponse très prochainement. »

Quarante jours de deuil

« Nous devons être fiers de ce que nous avons fait et c’est pour cela que cela doit se poursuivre. Je reviendrai vers vous très prochainement, et je m’adresserais à la nation pour dire ce qui est en jeu pour notre pays, pourquoi la Côte d’Ivoire doit continuer comme ça aujourd’hui », a-t-il poursuivi.

Selon nos informations, ADO devrait se prononcer mi-août une fois les quarante jours de deuil musulman écoulés, ou profiter des célébrations de la fête nationale, le 7 août. Sa réponse ne fait pourtant l’ombre d’un doute. Comme il l’a confié à Jeune Afrique le 15 juillet, le président est déterminé à briguer un 3e mandat. « À l’heure actuelle, compte tenu des délais, je ne vois hélas pas d’autre solution pour préserver la stabilité du pays », avait-il alors déclaré.

Alassane Ouatarra, lors du meeting du RHDP à Abidjan, le 29 juillet 2020.

Alassane Ouatarra, lors du meeting du RHDP à Abidjan, le 29 juillet 2020. © REUTERS/Luc Gnago

Outre le respect de la période de deuil, il préfère retarder la polémique

« Le président veut attendre le plus longtemps possible avant de se déclarer candidat. Outre le respect de la période de deuil, il préfère retarder la polémique que cela pourra entraîner », confie un de ses proches.

Si le chef de l’État et ses partisans estiment que le changement de Constitution en 2016, après sa réélection, lui donne légalement le droit de se présenter, l’opposition soutient que la limite de deux mandats demeure. De nombreux observateurs redoutent que la candidature d’ADO provoque des tensions dans le pays.

« Sa candidature serait illégale. La nouvelle Constitution ne prévoit pas que les compteurs soient remis à zéro. L’occasion s’offre à lui de respecter sa parole et la Constitution, plutôt que de la violer », a déclaré l’ancien président Henri Konan Bédié, investi candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dans une interview à France 24.

« ADO a hésité et envisagé toutes les possibilités »

Vainqueur de la présidentielle de 2010, puis réélu en 2015, Alassane Ouattara avait d’abord annoncé en mars ne pas vouloir se représenter, avant de faire investir Amadou Gon Coulibaly comme candidat du RHDP quelques jours plus tard.

« Tout au long de ma carrière, j’ai toujours accordé une importance particulière au respect de mes engagements. En conséquence, j’ai décidé de ne pas être candidat en 2020 », avait-il déclaré le 5 mars dernier, lors d’un discours devant les 352 parlementaires réunis en Congrès dans l’amphithéâtre de la Fondation Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro.

« C’est une décision prise de longue date, notamment depuis l’adoption de la Constitution de 2016, et j’ai eu l’occasion de l’annoncer à plusieurs reprises. Dix ans au pouvoir, cela suffit largement. Et j’ai pour habitude de respecter mes engagements », avait-il précisé dans une interview à JA.

Le brutal décès d’Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet, a rebattu les cartes. « ADO a hésité et envisagé toutes les possibilités, d’Hamed Bakayoko à Patrick Achi, mais il estime qu’aucun n’est prêt et peut garantir l’unité de son camp. Et autour de lui, tout le monde le pousse à se représenter », précise un de ses vieux amis.

S’il se déclare officiellement candidat, ADO devra ensuite déposer son dossier de candidature avant la date limite, le 31 août, et recueillir les parrainages citoyens – au moins 1% du corps électoral dans la moitié des régions du pays – nécessaires pour se présenter à la magistrature suprême.

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